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14 mars 2007

 

La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences

La stratégie des entreprises qui conditionne, au sein d’un environnement complexe, leur évolution, et parfois leur survie, nécessite une combinaison d’éléments de prospective. Ainsi les veilles concurrentielles et technologiques, les études de marchés, l’analyse de la courbe de vie des produits, l’évaluation des capacités d’autofinancement, l’organisation future des ressources humaines et matérielles, sont autant d’activités et de démarches qui interviennent dans les stratégies d’entreprises. Parmi ces démarches, la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences apparaît comme une donnée essentielle de la réflexion stratégique dans ses aspects les plus dynamiques.

D’une part, elle apparaît comme une déclinaison majeure des orientations qui touchent à l’évolution des activités de l’entreprise. D’autre part, cette gestion peut se trouver à l’origine d’une stratégie globale d’entreprise, dès lors que l’étude prospective des métiers met au jour des exigences et des contraintes insoupçonnées d’ordre organisationnel et environnemental.

Cependant, malgré l’importance avérée de cette gestion prévisionnelle pour les entreprises, il semble que, dans notre pays, l’anticipation et l’ajustement des besoins en ressources humaines et en compétences, nécessaires à la production de biens ou services, se fasse encore par le marché en juste à temps.

Cet état de fait révèle l’oubli de trois éléments importants pour l’économie d’une société :

- la responsabilité sociale et sociétale des entreprises
- les grandes capacités de développement qu'offre la formation
- la chèreté des ressources due en partie au renversement de la pyramides des ages

La loi Borloo du 18 janvier 2005 oblige les entreprises de plus de 300 salariés à engager des négociations sur les évolutions des emplois et des compétences. Or, seuls de très grands groupes les ont initiées et ont structuré leurs réflexions (par exemple Air France, Thalès ou Alstom).

Ce constat nous conforte dans la nécessité d’aider les entreprises à développer une démarche prospective sur les compétences qui permettront d’exercer les métiers de demain. Pour cela il nous faut évaluer celles d’aujourd’hui (spécifiques ou transverses) et gérer, selon les termes du dernier ouvrage de notre ami Guy Le Boterf, « la navigation professionnelle ». Cette dernière doit inclure les trois composantes qui fondent sa réussite :

- le désir d'apprendre
- l'apprentissage de compétences nouvelles
- la reconnaissance professionnelle

Selon la nécessité évoquée, l’accroissement du professionnalisme des ressources humaines des entreprises apparaît comme la condition indispensable de leur développement et de leur succès : c’est notre fierté de contribuer à cette grande aventure.

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05 mars 2007

 

5 axes majeurs pour relever le défi de la formation continue

Selon le Centre d’Analyse Stratégique, ancien Commissariat au Plan, 1.5 million d’emplois devraient être créés dans les dix années qui viennent. Ces emplois exigeront, pour plus de la moitié d’entre eux, une haute qualification, notamment dans les secteurs de la recherche, de l’informatique et du management de la connaissance. Les autres ne nécessiteront qu’une faible qualification comme, par exemple, les services à la personne.

Cet écart important entre les qualifications professionnelles n’est pas sans conséquences pour le dynamisme de notre économie et l’équilibre social de notre société. En effet, les possibilités pour chaque acteur, d’influer sur son destin économique et social doivent rester entières si l’on ne veut pas maintenir les clivages et entretenir les antagonismes entre les différents membres (individuels et collectifs) de notre société.

De telles possibilités existent si l’on adopte une politique active de formation continue. C’est un chantier qui doit mobiliser tous les acteurs : Universités, Education Nationale, Afpa, organismes consulaires et de branches et, bien évidemment, les organismes privés dont le nôtre. A ce sujet nous pouvons prendre des initiatives mais il appartient à l’Etat, aux Régions et aux partenaires sociaux d’en fixer le cadre et d’en gérer la cohérence.

J’ose espérer que les candidats à l’élection présidentielle s’empareront d’une problématique d’une telle importance.

Dans cette hypothèse, il conviendra de travailler sur cinq axes majeurs pour relever le formidable défi de la formation continue.

  1. Le développement du goût et de la joie d’apprendre.
  2. La construction d’une architecture de l’acquisition et de la validation des compétences : de la VAE aux Diplômes.
  3. La mise au jour d’une cohérence des parcours de formation afin d’éviter les ruptures pédagogiques destructrices.
  4. La mise en place d’une cartographie des métiers et compétences de demain afin de créer des parcours de formation qui associent tous les acteurs pertinents.
  5. L’accroissement de l’utilisation des innovations pédagogiques apparues ces dernières années par la création de dispositifs de formations adaptés aux environnements professionnels et aux individus (tutorat, e-learning, tests et évaluations en lignes…).

Le travail sur ces cinq axes constitue une aventure à la hauteur des ambitions de notre profession. Il contribuera :

- à réduire les inégalités dues au savoir
- à mutualiser les richesses de l’économie de la connaissance en faisant travailler ensemble des acteurs jusque là séparés
- à améliorer la productivité du secteur de la formation

Pour ma part, je suis partant et prêt, avec tous ceux qui le veulent, à m’engager sur des résultats.

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02 février 2007

 

Investir dans l'éducation et la recherche

A plusieurs reprises, dans mes interventions précédentes, j’ai insisté sur l’importance et la nécessité, pour un pays ou pour une entreprise, d’investir dans l’éducation et la recherche, deux domaines générateurs d’emplois et de croissance. Si j’ai fortement mis l’accent sur ce sujet c’est parce que je considère qu’il constitue pour notre avenir un enjeu fondamental.

Comme Thomas Friedmann aime à le rappeler, la terre est devenue plate et s’apparente à un terrain de football où chacun essaie d’attraper le ballon du savoir.

Cette compétition planétaire est fort rude et contribue à faire éclater les cadres traditionnels de la transmission du savoir. Les territoires nationaux, les institutions classiques, ne limitent plus les formes de l’apprentissage et de la recherche et ne recouvrent plus des populations limitées et homogènes.

A cet égard, plusieurs exemples, aussi variés que représentatifs, montrent l’ampleur de la compétition et les mutations profondes qu’elle entraîne.

Ainsi la Chine, par l’intermédiaire d’un fonds d’investissement, prend le contrôle de l’Ecole Supérieure des Métiers de l’Aéronautique afin de former les dizaines de milliers de pilotes et de mécaniciens dont elle a besoin dans les vingt prochaines années.

La société Infosys, numéro deux des services informatiques, crée un centre de formation capable d’accueillir 13500 stagiaires venus du monde entier. Représentant un investissement de 225 millions d’euros et s’étendant sur plus de 135 hectares, ce centre va permettre une transmission et un partage du savoir sur les technologies informatiques les plus avancées.

Aux Etats-Unis IBM investit, chaque année, 100 millions de dollars dans ses relations avec les universités, notamment avec celle de Caroline du Nord où elle participe à l’élaboration et à la production d’un cursus intitulé Gestion des Services. Dans le cadre de cette coopération elle finance des bourses pour attirer des étudiants et favoriser, par la suite, leur embauche.

Quant à la France, elle semble également s’inscrire dans ce mouvement de transformation et d’extension de l’éducation et de la recherche. La première chaire du Collège de France, créée avec des fonds privés, vient de voir le jour. Soutenue par la Fondation Bettancourt Schueller, cette chaire, dédiée à l’innovation technologique, a pour titulaire un entrepreneur de 51 ans, créateur de la société Actelion, leader mondial dans le traitement de l’hypertension.

Si l’on ajoute que l’université de Paris Dauphine vient de signer, pour quatre chaires d’enseignement, des conventions avec les entreprises AGF, AXA, Calyon, EDF et Groupama, on constate qu’une dynamique nouvelle se développe au sein de nos nobles institutions.

Ces sociétés, par ailleurs clientes de notre groupe, ont compris comme leurs concurrents internationaux que la richesse de demain se forgeait dans la formation d’aujourd’hui.

La multiplicité et la diversité des exemples évoqués doit, plus que de long discours, nous faire prendre conscience des mutations positives générées par la transformation de notre sphère terrestre en espace plat et ouvert.

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08 janvier 2007

 

Formation, Emploi et Croissance

Deux événements ont retenu mon attention cette semaine.

Tout d’abord une enquête du CEREQ sur le lien entre emploi stable et niveau de formation. Etude fort sérieuse des parcours de 16000 jeunes, sur les 742000 sortis du système éducatif en 1998, elle confirme des observations sociales et professionnelles avérées : plus le niveau de la formation est élevé, plus la chance de disposer d’un CDI est grande.

Ainsi 93% des diplômés de l’enseignement supérieur ont un emploi, dont 85% en CDI. En revanche sur les 16% de non diplômés de cette génération, 50% seulement se trouvent en CDI. De plus, un tiers de ces non diplômés sont au chômage ou inactifs.

Une déclaration du futur Premier Ministre britannique Gordon Brown sur la priorité à donner à l’investissement formation vient renforcer mes préoccupations sur la qualification et l’emploi.

En effet, d’après Gordon Brown, dans 10ans la moitié des 6 millions d’adultes peu diplômés se retrouveront au chômage. Comme l’économie britannique a choisi l’ouverture totale au monde, nombre d’emplois qualifiés risquent d’être occupés par des non britanniques possesseurs de diplômes supérieurs.

Ces deux exemples me conduisent, une fois encore, à faire valoir les liens vertueux et indissociables qui existent entre la formation, les emplois et la croissance. Mon insistance sur le sujet n’est pas dénuée de fondement et d’actualité. Le maintien d’emplois peu qualifiés par les subventions de l’état demeure une réalité bien française. L’interrogation du Professeur André Gauron, dans le journal les Echos, sur la lente suppression par notre économie des emplois peu qualifiés, révèle une différence notable avec nos partenaires européens. Ce soutien systématique de l’état envers des emplois inadaptés à l’économie contemporaine, ne va pas sans quelques conséquences graves. Près de 20 milliards d’euros sont encore prévus cette année dans le budget 2006 au détriment des crédits de la recherche, de l’éducation et de la formation. Or, ce sont ces crédits qui permettraient à notre pays de faire face au triple défi de l’évolution technologique, de la globalisation des échanges et de la création d’emplois pérennes.

L’extrême importance de ces questions, pour le devenir de notre pays, mérite d’être soumise aux candidats à la Présidence de la République.

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