05 mai 2008
L'apport des TIC dans l'économie et la formation
Le septième rapport mondial sur les Technologies de l’Information été publié le 9 avril dernier par le World Economic Forum (WEF), société organisatrice du forum de Davos en partenariat avec l’INSEAD.
Ce rapport classe les pays en fonction de leur niveau de maîtrise et d’utilisation des nouvelles technologies et établit une corrélation avec la richesse produite par habitant. La conclusion est claire : plus un pays utilise et développe les TIC, plus son PIB par habitant est élevé.
Les TIC ont de multiples fonctions :
- Elles facilitent le travail collaboratif et créent des communautés scientifiques stimulantes pour le développement de la recherche
- Elles permettent la création de simulateurs qui par leur puissance de calcul testent des hypothèses dans les sciences biologiques,spatiales ,nucléaires et industrielles &…
- Elles contribuent à concevoir l’infiniment petit avec les nanotechnologies et l’infiniment grand avec la modélisation des galaxies.
- Elles facilitent le stockage du savoir et rendent plus facile son assimilation par des moteurs de recherche et des outils d’apprentissage.
Un indicateur le Networked Readliness Index (NRI) évalue le niveau et la densité de connexion des 127 pays étudiés par le rapport. Cet indicateur fait la synthèse pondérée de 68 critères parmi lesquels nous trouvons le réseau de télécommunications, les exportations de produits de haute technologie, l’environnement juridique favorable à la propriété intellectuelle, les dépenses éducatives et surtout le degré d’aptitude de la population à utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication.
Les pays les mieux notés sont les pays scandinaves. Le Danemark arrive pour la deuxième année consécutive à la première place. Les Etats-Unis à la quatrième. La France ne se trouve qu’à la 21 ième place derrière le Royaume Uni, à la 12 ième, et l’Allemagne à la 16 ième. Ce classement montre que notre pays se laisse distancer dans la maîtrise et l’usage des TIC ; et le phénomène risque de s’accélérer.
Un des moyens de réduire l’écart consiste à développer des outils de formation en ligne. C’est au sein de Demos une de nos priorités et je suis fier d’avoir lance au Sénat cette semaine la première plateforme de formation à distance pour les élus locaux. Cela aura la double vertu de donner à nos représentants la possibilité de se familiariser avec ses outils, si besoin était, et d’assurer rapidement et au moindre coût leur formation aux exigences de leur nouvelles responsabilités. Cette plateforme accessible 24 heures Sur 24 offre 120 modules de 40 minutes chacun, soit près de 80 heures de formation, sur tous les thèmes en rapport avec leur mandat. Les marchés publics, la gestion du budget, les problèmes de sécurité, d’environnement, d’urbanisme et d’aménagement du territoire sont développés. On peut rentrer sur la plateforme par des mots clefs qui donnent accès au cours correspondant. Un quiz de niveau de connaissance est proposé avant tout cursus et permet de situer son niveau de compréhension du thème et ainsi de commencer au bon niveau dans le module choisi. Des exercices de validation et de mesure d’acquis sont systématiquement proposés tout au long de l’apprentissage. Un tutorat en ligne est possible en liaison avec nos experts qui qualifient la base en permanence.
L’usage de cette plateforme devrait permettre un amélioration rapide de la gouvernance municipale en offrant à nos 450000 élus la possibilité de faire face rapidement à leurs nouvelles responsabilités et aux nombreux risques associés. Elle devrait par l’intérêt qu’elle va susciter auprès de nos élus convaincre le pouvoir politique de favoriser le développement de ces outils qui sont de fabuleux leviers d’acquisition de savoirs et, comme le montre l’étude du World Economic Forum, des outils créateurs de richesse.
Ce dispositif de formation à distance offre une solution très performante à la problématique des élus en matière de formation qui ne disposent que de très peu de temps pour se former en « présentiel » et d’un budget formation relativement modeste. Cette situation est accentuée par le fossé qui existe entre les élus de 34000 communes de moins de 3500 habitants majoritaires, et ceux des 2000 communes au dessus de 3500 habitants.
La plate forme proposée par DEMOS s’inscrit dans une réelle démarche de démocratisation en réunissant les éléments propres à un service public :
- Une accessibilité sur tout le territoire dans la mesure où le taux d’équipement des communes est quasi général
- Un contenu identique pour chaque élu de petite ou grande commune avec la possibilité d’individualiser son parcours
- Un prix adapté à la taille de la commune et largement abordable au regard des budgets de formation alloués aux élus en matière de formation.
Nous voyons avec ce dispositif de formation en ligne que les TIC font bouger les lignes de la formation opérationnelle en élargissant le champ des possibles.
Libellés : Davos, demos, elearning, formation, productivité, service plublic, technologie
14 avril 2008
Réflexions et observations à propos du Droit Individuel à la Formation [Partie 2]
Les deuxièmes trophées du DIF, manifestation organisée par DEMOS en partenariat avec le Garf, l’AEF, 20Minutes, Kelformation, Focus RH, l’Expansion, Entreprises et Carrières et Formastore confirment sa montée en puissance. Ces trophées visent à récompenser les entreprises qui ont intégré dans leur politique des ressources humaines la gestion du DIF et ont promu des démarches innovantes.
Cette année, 7 entreprises ont été primées, 3 dans la catégorie des grandes entreprises de plus de 500 personnes, 3 dans les entreprises moyennes ou petites, plus un coup de cœur.
Dans la première catégorie l’or est revenu à AREVA qui a lancé une démarche globale, auprès de ses 30000 salariés français, associée à la création de parcours de formation, intégrant selon les souhaits de chacun les heures de DIF accumulées.
Pour sa part, ASF (Autoroutes du Sud de la France) a reçu le trophée d’argent en raison d’un accord collectif portant à 24 heures le crédit annuel d’heures ; crédit dont l’usage anticipé a permis de suivre des parcours de formation professionnelle.
Quant à l’entreprise, ATMEL, elle a reçu la médaille de bronze pour avoir accru la communication entre les salariés et leur manager, grâce aux entretiens de mise en place du DIF.
Dans la catégorie des moyennes et petites entreprises ALJT (Association de Logements de Jeunes Travailleurs) a obtenu le trophée d’or car elle a su utiliser le DIF comme un levier pour professionnaliser ses salaries a travers des parcours de formation combinés à des mécanismes de cofinancement. Ce sont 228 salaries qui ont ainsi développé leur employabilité grâce au DIF, soit 83% de l’effectif total.
L a société MANUTAN a reçu l’argent car elle a mis en place un catalogue spécial DIF reprenant les thèmes et besoins de formation qui sont apparus chez les salaries lors de leur entretien professionnel.
Enfin, THERMAL CERAMICS, récipiendaire du bronze a développé une communication active et des pratiques innovantes avec une journée, dite le D Day, consacrée a la promotion du DIF et qui a permis a 78% de ses salariés d’en bénéficier.
En ce qui concerne le coup de cœur, il est allé à l’association BRETAGNE ATELIERS qui fait travailler des handicapés dans la sous traitance automobile, et qui, dans un contexte difficile a su mobiliser ses salaries sur le DIF.
Les expériences de ces entreprises montrent à l’évidence la prise en compte du DIF dans leur politique de gestion des compétences ; prise en compte confirmée par l’enquête élargie que nous avons menée auprès d’une centaine d’entreprises appartenant à tous les secteurs d’activités.
Au vu de toutes ces initiatives et des enquêtes menées, un constat s’impose : quatre ans après son lancement, le DIF s installe définitivement dans le paysage de la formation professionnelle.
Si l’on veut une confirmation supplémentaire de cette réalité on peut se référer à l’enquête menée par Kelformation auprès d’un échantillon de 350 salariés. Là aussi le résultat ne souffre d’aucune contestation. Le DIF est connu par 89% des salariés, 70% connaissent leur compteur DIF et 20% l’ont déjà utilisé !
Non seulement le DIF s’installe mais, grâce au travail de communication et d’information réalisé par les entreprises, notamment en l’associant à l’entretien professionnel, il accroit la motivation des salariés dans le désir de se former .Il permet à ces derniers et à leurs employeurs de coconstruire le parcours de formation.
La gestion du DIF s’inscrit donc de plus en plus dans des logiques de professionnalisation et de gestion des compétences .Cette constatation est la meilleure réponse que l’on puisse donner à ceux qui s’interrogent et réfléchissent actuellement sur l évolution des dispositifs.
La dynamique générée par le DIF a été synthétisée, lors de la remise des trophées, par Jean Pierre Willems expert en droit de la formation professionnelle.
Cinq grands avantages se dégagent pour le salarié et l’entreprise.
a) Le DIF est un vecteur de négociation car chacun devient acteur de sa formation.
b) Il participe à une bonne gestion du temps car les parcours de formation se développent sur une période plus ou moins longue.
c) Il permet d’entretenir une dynamique d’apprentissage et de compétitivité car la formation se poursuit même lorsque l’on change d’entreprise.
d) Il rend l’obligation fiscale de moins en moins nécessaire.
e) Il introduit une véritable épargne de la formation puisque chaque salarié capitalise du temps pour se former.
Ces cinq avantages montrent que le Droit Individuel à la Formation fait rentrer l’ensemble des catégories socio professionnelles dans une logique d’apprentissage. Ce Droit touche et motive tout le monde.
Sur ce sujet je vous renvoie à mon blog du 17 octobre dernier dans lequel j’expliquais, à travers des exemples pris dans des entreprises qui gèrent des ressources humaines d’un faible niveau de qualification (Compass, Elior, Dysneyland, notamment), combien l’utilisation du DIF, associée à des démarches de VAE ou de VAP, a suscité une plus grande motivation pour la formation et a offert à des populations peu qualifiées des possibilités de montée en compétences et d’évolution professionnelle réelles.
Cela a également permis aux entreprises de réduire leur turn over et de favoriser la détection de potentiels et de talents développant ainsi la promotion interne.
[BILLET A SUIVRE]
Libellés : compétence, demos, DIF, formation, innovation
03 septembre 2007
L'UNIVERSITE D'ETE DU MEDEF
Tout d’abord le Medef, sous la houlette de Laurence Parisot, a fait valoir le caractère multidimensionnel de l’évolution des entreprises dans le monde contemporain. A cet égard, cette Université d’été a mis en lumière combien la réussite économique et financière d’une entreprise dépendait de sa capacité à intégrer des réalités aussi diverses que les mouvements démographiques, les révolutions scientifiques, les contraintes écologiques, les forces géopolitiques, les différences culturelles, les nouvelles technologies, ainsi que de nombreux autres facteurs environnementaux. Ces multiples dimensions étaient incarnées par des personnalités de premier plan comme, par exemple, Alpha Omar Konaré, président de le Commission de l’Union Africaine ; Jean Philippe Courtois, président de Microsoft International ; Monique Canto-Sperber, directrice de l’Ecole Normale Supérieure…
La deuxième caractéristique de cette manifestation, hors du commun, est d’avoir suscité et encouragé les débats contradictoires pour montrer la nécessité de confronter des points de vue dès lors qu’il s’agit d’appréhender la complexité du monde de l’entreprise. Ainsi l’atelier sur la « chine joue-t-elle le jeu » vit s’exprimer des conceptions et des manières d’œuvrer dans ce pays, pour le moins opposées. De même les ateliers sur le fair-play des entreprises, le rôle des monnaies, les règles de la concurrence, mais aussi ceux sur les frontières du vivant et les finalités de la conquête de l’espace, donnèrent lieu à des échanges de vue vifs et fructueux.
La première vertu de ces débats fut d’attester du caractère dérisoire de toute vision unilatérale pour appréhender les problèmes du monde, la seconde fut de démontrer, s’il en était besoin, l’extraordinaire dynamique de la connaissance qui traverse toutes les préoccupations et tous les défis des entreprises. Dans cette optique Demos témoignait, par sa présence, de l’importance de l’apprentissage et de l’économie du savoir pour le devenir des entreprises.
Enfin, devant un public aussi nombreux qu’attentif, l’Université du Medef a mis en valeur l’importance des engagements politiques pour créer des logiques et des dynamiques d’entreprises dans des cadres de références et des espaces de régulation connus, explicités, actualisés. Les interventions du président de la Commission européenne et du président de la République Française allèrent tout à fait dans ce sens et suscitèrent enthousiasme et adhésion autour de leurs propositions.
Parce que l’Université du Medef 2007 fut un événement mobilisateur, soucieux de la diversité des points de vue, et de l’importance majeure du savoir pour le devenir des entreprises, je ne peux que me réjouir de la présence de Demos à une telle manifestation.
Libellés : changement, chine, croissance, demos, entrepreneur
04 juillet 2007
La création de valeur par l’immatériel
J’ai développé cette idée dans un ouvrage que j’ai consacré à « l’Economie du Savoir » aux éditions Demos. La part, de ce que l’on nomme désormais les actifs immatériels ou intangibles d’une entreprise, devient prépondérante dans l’économie contemporaine.
En ce qui concerne notre société, j’aimerai en préciser la nature pour mieux faire comprendre ce qui attire les investisseurs.
Nos actifs se manifestent, d’abord et avant tout, par un management très actif des informations et des savoirs qui présente les caractéristiques suivantes.
1. Il prend appui sur des bases de données interconnectées qualifiées et mises à jour en permanence.
2. Il fait en sorte que ces bases de données soient accessibles et partagées par les utilisateurs.
3. Il collecte dans l’environnement externe et interne de l’entreprise les informations et les connaissances qu’il traite et enrichit afin de les transformer en apprentissages de savoirs opérationnels.
Le développement de ce management des informations et des connaissances bénéficie d’une architecture d’actifs immatériels qui se présente sous la forme de bases de données.
- Tout d’abord une base qui comprend les contenus, les supports, les outils pédagogiques, numérisés et mis en forme sur papier, CD, et disponibles sur Internet. Cette base permet les multiples communications et transferts du savoir opérationnel et facilite son apprentissage.
- Ensuite un ensemble de données qui concerne les process qui permettent la conception et la réalisation des prestations ainsi que leur évaluation, conformément aux normes ISO.
- L’existence d’une base de données d’experts et de professionnels de nationalités différentes, qui contribuent, en amont, à la conception des contenus et des supports présentiels et distanciels, représente un avantage concurrentiel indéniable. Ces experts participent en permanence aux processus d’innovation et à la réalisation des formations.
- Enfin la base de données clients contient les propositions et les réalisations qui nous lient aux entreprises de façon interactive. Elle permet la capitalisation de nos pratiques, la traçabilité de nos actions et, par voie de conséquence, garantit une réactivité et une innovation fondées sur la mutualisation de nos expériences.
L’architecture décrite ci-dessus est portée et consolidée par deux autres actifs immatériels.
Le premier est l’image de marque qui témoigne aux yeux du marché de la qualité et de l’évolution constante de nos prestations.
Le second a trait à la diversité et à la complémentarité des savoirs et savoir faire internes de l’entreprise. Ils génèrent interactivité, coopération et innovation, dans les dispositifs d’apprentissage du savoir opérationnel.
L’ensemble de ces actifs immatériels qui participent à la création de valeur sont le fruit du travail de tous les collaborateurs permanents et externes de notre société ; collaborateurs fortement investis par le challenge de la maîtrise et de la diffusion du savoir opérationnel.
Comme des architectes ils le construisent mais savent aussi le faire évoluer grâce à leur capacité d’innovation.
C’est cet enthousiasme et ce dynamisme que les marchés ont récompensé en accueillant ainsi pour la première fois en France, à la cotation, une société de formation. C’est une grande fierté pour nous tous et pour cette entreprise que j’ai crée avec mon épouse il y a 37 ans. Je remercie chaleureusement et profondément tous ceux qui ont permis l’émergence d’une communauté professionnelle dont l’originalité et le dessein apparaissent, désormais, avec force à l’appréciation du marché.
Libellés : connaissance, demos, innovation, savoir

