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01 août 2007

 

interfaces entre les mondes du savoir et les individus en situation professionnelle

Notre métier consiste à gérer, mais aussi à concevoir, des interfaces entre les mondes du savoir et les individus en situation professionnelle ; cela afin d’améliorer en permanence leurs compétences et leur discernement.
L’efficacité et la fécondité des interfaces, que nous proposons aux femmes et aux hommes en situation de formation, dépendent de l’organisation et de la mise en mémoire du savoir. Vaste question qui touche à son caractère accessible, à sa compréhension et à son assimilation.

Il s’agit de faire face à un triple défi.
1. Le stockage du savoir dans des mémoires numériques qui vont de loin dépasser la mémoire neuronale des acteurs individuels et collectifs.
2. La circulation accélérée de l’information, via les nouvelles technologies, qui nécessite des processus sophistiqués de tri et d’orientation.
3. Le partage des connaissances qui suppose l’existence et le développement de communautés dont les intérêts et les modes de coopération se diversifient.

Pour qu’un tel défi puisse être relevé, il importe de disposer de langages et de repères culturels qui permettent la diffusion des savoirs dans un processus de création de valeur.
Dès lors, notre intelligence ou notre capacité à comprendre et à interpréter les savoirs doit se concevoir et se manifester de manière collective.

Je sais gré au professeur Pierre Levy, titulaire d’une chaire de recherche en intelligence collective à l’université d’Ottawa, d’avoir su mettre en évidence la richesse et la nécessité d’une telle réalité. Mais avant d’évoquer les gains et bénéfices d’une construction collective de la connaissance, il nous faut revenir aux conditions qui favorisent la compréhension et le partage des connaissances.
Pour améliorer la productivité d’une économie du savoir, d’un « système cognitif global » porté par les nouvelles technologies, il devient urgent de structurer un langage commun afin d’optimiser le travail de recherche sur tous les thèmes envisageables, jusque là exprimés dans des langages différents.

Au XIXème siècle les scientifiques et bibliothécaires avaient établi par livre des fiches de description reprenant le titre, le contenu, l’auteur et sa référence. Les chercheurs disposaient ainsi d’une base de métadonnées qui permettaient de mieux naviguer dans l’océan du savoir.
D’une façon plus générale, la construction d’une langue logique universelle qui permette la traduction de toutes les connaissances exprimées dans des idiomes particuliers constitue une préoccupation permanente dans l’histoire de la philosophie et de la science.
Depuis la Caractéristique Universelle de Leibniz jusqu’à la Syntaxe Logique de Rudolf Carnap, en passant par L’écriture des Concepts de Gottlob Frege, logiciens et mathématiciens n’ont eu de cesse d’imaginer des langages formels qui servent de cadres de référence cognitifs, épistémologiques, aux innombrables formes d’expression des langues vernaculaires.
Sans entrer dans des détails qui nous éloigneraient trop de notre propos premier, il convient simplement de souligner le souci de nombreux chercheurs et scientifiques qui souhaitent, depuis fort longtemps, disposer d’un langage universel de la connaissance, d’une métalangue formelle qui réduise les approximations et les confusions sémantiques dues à la polysémie des langues naturelles.

Cette préoccupation se poursuit avec le projet de Pierre Lévy, et de certaines équipes de chercheurs : créer un métalangage, calculable et gérable par les ordinateurs, capable de décrire et de classer des concepts. IEML (Information Economy Meta Language) est un langage mathématique compréhensible par les machines qui en géreraient l’utilisation. Il faciliterait le partage et l’enrichissement collectif des connaissances et assurerait l’interface entre les savoirs et les langues maternelles. Il sera neutre pour l’utilisateur et nourrira son propre développement en fonction de leurs envies. Chacun pourra dans sa langue maternelle produire des métadonnées et les partager avec d’autres communautés scientifiques Avec cet outil mathématique le savoir se mouvra dans un espace géométrique, nouveau champ sémantique ou les métadonnées seront positionnées et ordonnées. L’intelligence collective coordonnera ces espaces et se servira des cartes géographiques du savoir pour naviguer.
Bien évidemment, un tel métalangage heurtera des limites puisque certaines de ses métadonnées nécessiteront, dans telle ou telle configuration, explications et réévaluations : ce qui supposera un méta- métalangage. Même si l’on sait qu’il n’existe pas de « langage ultime », mais une hiérarchisation ou un emboîtement infini de métalangues – qu’elles soient formalisées et informatisées ne change rien à l’affaire – IEML contribuera de façon significative au développement de l’intelligence collective qui peut devenir un facteur essentiel d’évolution de l’humanité.

En effet, les organisations et les entreprises par la maitrise de cette intelligence collective dynamiseront leur capacité d’innovation premier facteur endogène de croissance (confère blog du 2 janvier dernier) ainsi que leurs compétences collectives ; tous deux créateurs de valeur. Les Non Profit ou les ONG verront également leurs performances s’accroitre et leurs externalités sociétales mieux se diffuser. Plus généralement, tout individu aura la possibilité, avec l’accès immédiat aux savoirs construits collectivement, d être à la fois récipiendaire, utilisateur, et aussi créateur de richesses.

Nous sommes fiers par nos activités de formation de participer, à notre échelle, à la prise de conscience de ce phénomène, mais aussi à sa construction, grâce à notre capacité à mettre en forme les savoirs pour les rendre utilisables, compréhensibles, et partageables.

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04 juillet 2007

 

La création de valeur par l’immatériel

Le succès de notre introduction en bourse a confirmé une hypothèse que j’ai évoquée à plusieurs reprises dans ce blog. Cette hypothèse peut se formuler, avec plus de force et de précision, de la façon suivante : les marchés accordent une importance croissante à la création de valeur par l’immatériel.
J’ai développé cette idée dans un ouvrage que j’ai consacré à « l’Economie du Savoir » aux éditions Demos. La part, de ce que l’on nomme désormais les actifs immatériels ou intangibles d’une entreprise, devient prépondérante dans l’économie contemporaine.


En ce qui concerne notre société, j’aimerai en préciser la nature pour mieux faire comprendre ce qui attire les investisseurs.
Nos actifs se manifestent, d’abord et avant tout, par un management très actif des informations et des savoirs qui présente les caractéristiques suivantes.
1. Il prend appui sur des bases de données interconnectées qualifiées et mises à jour en permanence.
2. Il fait en sorte que ces bases de données soient accessibles et partagées par les utilisateurs.
3. Il collecte dans l’environnement externe et interne de l’entreprise les informations et les connaissances qu’il traite et enrichit afin de les transformer en apprentissages de savoirs opérationnels.

Le développement de ce management des informations et des connaissances bénéficie d’une architecture d’actifs immatériels qui se présente sous la forme de bases de données.
- Tout d’abord une base qui comprend les contenus, les supports, les outils pédagogiques, numérisés et mis en forme sur papier, CD, et disponibles sur Internet. Cette base permet les multiples communications et transferts du savoir opérationnel et facilite son apprentissage.
- Ensuite un ensemble de données qui concerne les process qui permettent la conception et la réalisation des prestations ainsi que leur évaluation, conformément aux normes ISO.
- L’existence d’une base de données d’experts et de professionnels de nationalités différentes, qui contribuent, en amont, à la conception des contenus et des supports présentiels et distanciels, représente un avantage concurrentiel indéniable. Ces experts participent en permanence aux processus d’innovation et à la réalisation des formations.
- Enfin la base de données clients contient les propositions et les réalisations qui nous lient aux entreprises de façon interactive. Elle permet la capitalisation de nos pratiques, la traçabilité de nos actions et, par voie de conséquence, garantit une réactivité et une innovation fondées sur la mutualisation de nos expériences.

L’architecture décrite ci-dessus est portée et consolidée par deux autres actifs immatériels.
Le premier est l’image de marque qui témoigne aux yeux du marché de la qualité et de l’évolution constante de nos prestations.
Le second a trait à la diversité et à la complémentarité des savoirs et savoir faire internes de l’entreprise. Ils génèrent interactivité, coopération et innovation, dans les dispositifs d’apprentissage du savoir opérationnel.

L’ensemble de ces actifs immatériels qui participent à la création de valeur sont le fruit du travail de tous les collaborateurs permanents et externes de notre société ; collaborateurs fortement investis par le challenge de la maîtrise et de la diffusion du savoir opérationnel.
Comme des architectes ils le construisent mais savent aussi le faire évoluer grâce à leur capacité d’innovation.

C’est cet enthousiasme et ce dynamisme que les marchés ont récompensé en accueillant ainsi pour la première fois en France, à la cotation, une société de formation. C’est une grande fierté pour nous tous et pour cette entreprise que j’ai crée avec mon épouse il y a 37 ans. Je remercie chaleureusement et profondément tous ceux qui ont permis l’émergence d’une communauté professionnelle dont l’originalité et le dessein apparaissent, désormais, avec force à l’appréciation du marché.

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21 mai 2007

 

L'économie du savoir et prix Nobel

Depuis 1945, les Anglais ont récolté 23 prix Nobel et enrichi le savoir scientifique mondial de façon significative. Cette éminente contribution au développement de la connaissance humaine s’est réalisée avec une communauté de chercheurs assez réduite et des financements limités (1.88 du PIB pour les dépenses de recherche et développement contre 2.14 en France et 2.49 en Allemagne).

Aussi faut-il s’interroger sur l’excellence du Royaume Uni, dans l’Economie du Savoir (pays le plus performant d’Europe) ?

Trois raisons de fond expliquent cette longue réussite.

1. Un système éducatif très attractif qui permet à l’Angleterre d’accueillir chaque année 300 000 étudiants étrangers dont 5000 doctorants et post doctorants français (juste derrière les EU).

2. Un budget spécifique pour les salaires et les équipements des institutions universitaires qui garantit leur autonomie financière. Les projets sont financés par des agences publiques dans le cadre de contrats fixant des évaluations et garantissant des résultats. A ces financements s’ajoutent souvent des fonds venant de fondations privées (le Welcome Trust dispose, par exemple, d’un trésor de 16.5 milliards d’euros).

3. Des partenariats nombreux, noués avec les entreprises privées et encouragés par l’Etat Britannique, qui favorisent l’adossement de la recherche « académique » à l’innovation et le développement de liens avec de nombreux pays susceptibles d’attirer des investisseurs internationaux (notamment dans les secteurs de la santé et de l’énergie).

Le plus beau fleuron de cette réussite demeure l’Université de Cambridge, vieille de 800 ans, forte de 81 prix Nobel et deuxième université au monde derrière Harvard selon le classement de Shanghai (la première université française Paris 6 est à la 104ème place et l’Ecole Normale Supérieure à la 365ème). Cette noble institution a su créer autour d’elle la plus forte concentration de matière grise au monde selon Jeff Salomon le directeur de l’association qui gère la promotion des biotechnologies de la région.

Le modèle repose sur des universités indépendantes et des chercheurs évalués en permanence en fonction de leurs contributions.

Ainsi le savoir est bien une richesse qui se produit, se diffuse, crée de l’innovation et de la valeur. Il y a des modèles qui, plus que d’autres, facilitent son épanouissement.

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02 mai 2007

 

le lien entre compétences individuelles et collectives

Le savoir opérationnel se met en œuvre à travers une dialectique continuelle qui se vit entre des individus en situation professionnelle et leurs collègues au sein de l’organisation. Les mécanismes d’apprentissage individuel ne se développent que dans des contextes collectifs où les différentes utilisations des savoirs se confrontent aux expériences des autres à travers une pratique professionnelle déterminée par des règles d’organisation.

Le savoir opérationnel se présente comme le résultat d’une interaction permanente entre des compétences cognitives (différentes des compétences techniques, managériales,…) individuelles et un environnement complexe fait de tendances, de tensions, d’ambitions et d’influences de toute nature. Cette interaction vive n’évolue favorablement, pour l’entreprise, que grâce à un management de la connaissance efficace, des processus structurants et une vision du travail signifiante, porteuse de devenir et de reconnaissance sociale. Ainsi peut émerger une compétence collective : combinaison de compétences cognitives individuelles et de dynamiques socioprofessionnelles.

Les compétences collectives apparaissent comme des maillages de démarches cognitives, de relations professionnelles et de processus au sein d’un environnement favorable au partage des informations et des savoirs et porteur d’histoire.

Dès lors l’apprentissage des compétences individuelles trouve sa pleine expression dans le mouvement et le développement de compétences collectives dont la force et l’ampleur dépendent d’une organisation d’entreprise qui favorise l’acquisition permanente du savoir.

Le savoir opérationnel apparaît alors sous une triple dimension : individuelle, collective et organisationnelle.

C’est cette triple composante qui fait sa richesse et son apport majeur dans la quête permanente d’innovation des entreprises aujourd’hui.

Demos est fier de contribuer à sa réalisation et à sa mise en place.

A ce propos je tiens à remercier le GARF (Groupement des Acteurs et Responsables de la Formation) d’avoir fait œuvre de pédagogie en publiant une brochure sur ce thème : « Les compétences collectives, de la stratégie à la GRH ».

Pour illustrer notre réflexion on peut donner en exemple l’opération menée l’année dernière par la Société Générale sur la codification des savoirs informels. Pour pallier la perte de savoir générée par le départ à la retraite de 8000 personnes, le Président de cette entreprise s’est personnellement engagé dans cette vaste opération. Il a confié au cabinet IDRH, dirigé par mon confrère et ami Jean Luc Placet, une étude sur le repérage de 15 métiers recouvrant un savoir informel stratégique non codifié (exemples : conseiller de clientèle entreprise, directeur de la plate forme service clients, etc.). Tous les métiers ont été décrits, codifiées, situés dans l’organisation et dans leurs environnements professionnels respectifs.

Ce travail a mis en évidence l’importance des relations externes, entretenues par un métier, pour l’obtention de l’information, le développement des influences et l’affirmation de l’image de marque de l’entreprise. Essayons, avec un clin d’œil amical, de représenter, par un exemple, l’importance des relations externes. Un responsable d’agence, qui occupe le quart de son temps à récupérer du siège les informations juridiques concernant les produits bancaires, aurait intérêt à se connecter régulièrement à notre banque de données MEDIACURSUS. Source de renseignements inépuisable sur l’actualisation juridique et fiscale des produits bancaires, elle est consultée par 50 000 personnes et mise à jour quotidiennement.

Pour comprendre la portée de l’opération de la Société Générale, il faut savoir qu’après l’identification et la codification des métiers, la DRH a élaboré une politique d’enrichissement et de transfert des savoirs, caractérisée par des dispositifs de formation et la mise en place de structures de travail collaboratif.

Bel exemple de gestion du savoir opérationnel permettant le lien entre compétences individuelles et collectives au sein d’une organisation qui devient apprenante et s’ouvre ainsi la voie de la performance.

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16 décembre 2006

 

Quelques remarques à propos de la « satisfaction client ».

Quelques remarques à propos de la « satisfaction client ».
Il s’agit, pour les entreprises, de faire valoir une préoccupation fondamentale, un objectif premier qui consiste à toujours se trouver « au plus près du client ».
Cette expression signifie que l’entreprise anticipe les besoins, devance les demandes de ses clients par une connaissance toujours plus approfondie de leurs secteurs d’activités et de leurs stratégies.

Or d’après la quatrième édition du diagnostic d’«
Everest Marketing Group », les entreprises semblent, avant tout, préoccupées, pour 69% d’entre elles, par la conquête de nouveaux clients. L’objectif de fidélisation des anciens par une attention continue à leur évolution, et un souci constant d’intégration de leurs nouveaux besoins, apparaît secondaire.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que plaintes et réclamations s’expriment en grand nombre sur les sites d’entreprises toutes entières tournées vers la conquête de nouveaux marchés.

Pourtant, avec les nouvelles technologies, les services commerciaux peuvent posséder une fine connaissance des besoins du client et développer une qualité de suivi qui satisfasse leurs exigences les plus élevées.

Encore un vaste chantier pour les professionnels du savoir opérationnel.

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