Près d’un salarié sur deux a bénéficié d’une formation l’année dernière en France. C’est encore trop peu par rapport aux enjeux économiques et sociaux qui impactent les organisations et leurs collaborateurs : la liste des tensions qui nécessitent un traitement par la formation est longue. Je ne citerai par exemple que :
- Les évolutions des métiers et les compétences nouvelles induites,
- Les modifications de l’organisation du travail,
- Le développement de nouvelles règles ou compliances en sécurité, hygiène, qualité, environnement, développement durable ou responsabilité sociétale,
- La montée des risques psycho-sociaux,
- Les évolutions technologiques (notamment en informatique),
- La mondialisation.
Aujourd’hui, en France, un actif sur deux bénéficie d’une action de formation d’une durée moyenne de trente heures, mais dans dix ans tout le monde sera concerné, et sur des durées plus longues.
Au demeurant, d’après l’étude Ifop Kelformation*, 81% des bénéficiaires ont eu un avis positif sur leur formation. L’étude révèle également que 44% des salariés interrogés souhaitent recommencer une formation ou poursuivre celle qu’ils ont suivie, notamment en utilisant leurs heures de DIF. Certains seraient même prêts à en assurer le financement.
Cela repose la question de la solvabilité de la demande, et milite pour l’installation d’un compte épargne formation que j’avais déjà eu l’occasion d’expliquer dans mon blog du 17 avril 2008.
Je vois avec plaisir que l’idée vient d’être reprise par Henri Rouilleault, administrateur de l’INSEE et ancien directeur de l’Anact. Chargé par Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko Morizet d’une « mission relative à l’emploi, dans le contexte actuel de sortie de récession, d’un niveau élevé de chômage et de la recherche de nouveaux moteurs de croissance », il suggère dans ses propositions d’instaurer un compte formation individuel tout au long de la vie professionnelle, alimenté sous forme monétaire par tous les droits acquis à travers ses différents emplois : épargne salariale, compte épargne temps et bien sûr DIF.
Cela rendrait plus facile l’accès de tous ceux qui le souhaitent à la formation, et permettrait une plus grande implication et motivation de l’individu dans sa formation au moment où l’on met en place des systèmes de gestion individualisée des parcours.
Le compte formation individuel augmenterait l’effort national en terme d’accès au savoir, source de création de richesses futures à partager et d’emplois nouveaux, et installerait le droit à la formation comme un acquis individuel lié à sa propre personne et non plus dépendant de son statut social ou professionnel. Il contribuerait à mettre en œuvre les vraies conditions d’une formation tout au long de sa vie pour chacun d’entre nous.
*Enquête menée auprès d’un échantillon représentatif de 803 salariés exerçant dans des entreprises de plus de dix personnes.