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Colloque de la FFP sur la qualité en formation (première partie)

25 septembre 2009
La Fédération de la Formation Professionnelle (FFP) vient d’organiser  un colloque sur la qualité en formation.
 
C’est un sujet qui nous concerne tous, que l’on soit financeurs ou destinataires. Depuis que la loi sur la formation existe, c’est également une source continuelle de discussions entre les partenaires sociaux, l’administration, les politiques et tous les acteurs.
 
Le débat, dans toute son ampleur, se justifie lorsque l’on a présente à l’esprit la dépense globale annuelle consacrée à la formation : 26 milliards d’euros.
On mesure alors les efforts nécessaires qu’il convient de fournir pour améliorer de façon significative le niveau moyen de qualification de la population active, qu’il s’agisse des jeunes, des demandeurs d’emploi ou des salariés confrontés à des changements permanents de technologie et d’organisation du travail.
 
Mais souvent l’importance de ces efforts se trouve minorée, car l’incantation remplace parfois la  raison  par un manque de connaissances des situations réelles d’apprentissage.
 
Cet état de fait justifie la tenue de ce colloque consacré à la qualité de la formation. En effet, il s’agissait de faire émerger les éléments d’une analyse plus riche permettant de construire le futur. D’emblée, la réalité apparaît complexe quand on sait que cette activité est  majoritairement exercée par des acteurs privés. Le principe de l’équilibre national qui consiste à réserver la production au secteur privé et l’éducation à l’Etat se trouve mis en question.
 
Mais la réalité oblige à dire qu’aujourd’hui, plus des deux tiers des prestations de formation sont confiés à des opérateurs privés.
Or, l’accès à l’exercice de la profession est libre ; il n’exige aucun diplôme ou statut particulier : une simple déclaration à l’autorité administrative suffit. L’initiateur de la loi, Jacques Delors, souhaitait à l’époque que tous les professionnels puissent transférer facilement leurs compétences.
La diffusion du savoir opérationnel reposait sur eux. Il ne fallait donc pas fermer le marché en instaurant des critères diplômants pour exercer les métiers de la formation. Cela aurait pénalisé tous ceux qui, sans diplômes, possédaient une  expérience et une pratique acquises sur le terrain au quotidien.
 
Dans ces conditions, comment améliorer la qualité et surtout d’abord comment l’évaluer ?
Le premier principe est de reconnaître que la qualité s’apprécie dans un contexte, et non de manière absolue. La qualité s’apprécie en fonction des moyens mis en œuvre, des objectifs à atteindre, tant pour l’apprenant que pour le commanditaire, du niveau du public et des outils pédagogiques utilisés.
Dans ce domaine, nous souffrons considérablement de l’absence de résultats tangibles, mais aussi du manque de pratiques avérées et d’indicateurs fiables.

L’étude récente du CEREQ (Centre d'études et de recherches sur les qualifications), dont les principaux éléments ont été dévoilés lors de notre forum, fait état de quatre modes d’évaluation en France :
 Evaluation de la satisfaction du stagiaire à chaud ou à froid par  auto déclaration.
 Evaluation des acquis ou des compétences par des tests et des quizz, voire des examens dans le cas de formation certifiante ou diplômante.
 Evaluation de la performance en situation de travail après le stage.
 Evaluation  globale du R.O.I. (retour sur investissement)
 
Il ressort de l’enquête que le premier mode est pratiqué dans plus de 50 % des cas et que le deuxième commence à se mettre en place, parce que la reconnaissance par un certificat est un des meilleurs éléments de la motivation.
Mais le troisième mode reste balbutiant et le quatrième inexistant.
A la lumière de cette enquête, on prend conscience de l’étendue du chantier, qui ne peut être mené à bien que dans la durée et avec l’implication de tous les acteurs.
Dans cette perspective, j’examinerai dans mon prochain blog quelques contributions susceptibles de faire avancer, de façon significative, un dossier certes difficile mais ô combien important et passionnant.
 

# Ecrit par Jean Wemaëre @ 14:53        
1  Commentaire  |  Liens vers ce message  |  Mots-clés : Formation, Evaluation

par  FARGIER du Tuesday, 29 Sep 2009 - 10:25
Je viens de découvrir votre site(étant étudiante en Master 2 professionnel concepteur-réalisateur de formation). Ce que vous écrivez au sujet de l'évaluation de la formation a attiré mon attention car c'est un thème, à mon sens,peu approfondi.L'enjeu de l'étude est d'autant plus important quand on le croise aux investissements liés à la formation.Je suis actuellement à la recherche d'un stage à lyon et mon sujet de mémoire porte sur l'évaluation de la qualité de la formation.Avant d'entamer ce Master, j'ai exercé en tant que Responsable de Process dans le groupe PPR puis dans le groupe Crédit Agricole SA pendant un peu plus de 10 ans. Ma mission a été de gérer un centre de profit et d’encadrer une vingtaine d’opérateurs travaillant sur plate forme d’appels, de faire du recrutement et de la formation. Aujourd’hui, en suivant ce cursus universitaire, je souhaite recentrer mon activité essentiellement sur la formation des adultes tout en gardant ces acquis liés au management d’équipes commerciales. Je connais d’autant mieux les enjeux des entreprises qui souhaitent solliciter des intervenants extérieurs et des conseils en termes de formation pour leurs salariés.cette étude part d’un constat lié à mon expérience qui, en tant que manager dans un grand groupe, m’a amenée à suivre des formations et parfois à les redescendre auprès de mes équipes et j’y ai été préparée en cela. Or, ce qui m’a toujours posé question et ce devant quoi je suis restée longtemps démunie c’est bien la capacité d’un individu à se saisir de ce qu’il a appris, à l’utiliser dans son champ professionnel et à en être convaincu. Comment un individu formé utilise cet acquis et quels sont les mécanismes qui font qu’il va effectivement utiliser son nouveau savoir ou l’abandonner au profit des ses anciennes pratiques et pourquoi ? En bref, Comment évaluer l'efficacité du transfert comme indicateur de la réussite d'une formation ? Voilà un sujet qui au delà de son intérêt pratique pose des questions sur les résistances au changement. Cela intéressera tout autant les entreprises qui, stratégiquement, utilisent la formation comme vecteur de développement individuel et organisationnel et, les formateurs dont le rôle est non seulement de former mais aussi de s’assurer de la satisfaction liée à la formation dispensée.

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