06 août 2008
Une visite au Collège de France
Au mois de juin dernier, j’ai eu l’occasion de visiter, au Collège de France, le laboratoire de Physiologie de la Perception, dirigé par le professeur Alain Berthoz,
Cette visite fut instructive pour moi à plus d’un titre.
Tout d’abord, elle me confirma, si besoin était, l’importance de l’interdisciplinarité pour la recherche scientifique et, d’une façon plus générale, pour tout processus de production de connaissance. En effet, les équipes du professeur Berthoz, qui se livrent à des expérimentations fondamentales sur les liens entre les activités du cerveau et les mouvements du corps, se composent de chercheurs dont les origines et les profils sont, pour le moins, très différents.
Ainsi, l’on croise des modélisateurs, qui apportent leur indispensable connaissance des mathématiques, et des spécialistes de l’ergonomie, rompus à l’examen des situations de travail les plus concrètes. On observe des physiologistes en grande conversation avec des spécialistes de la psychologie cognitive, mais, surtout, on voit se côtoyer des acteurs
pleinement engagés dans la recherche fondamentale et des hommes d’entreprises impliqués dans l’approfondissement de savoirs opérationnels qui contribuent à la performance et à la création de valeur (notamment dans le traitement de l’information et la prise de décision).
Par ailleurs, j’ai pu constater la vitalité d’une institution, vieille de plus de cinq cents ans, et qui allie tradition et modernité, prestige et efficacité. J’ai été particulièrement sensible au design et à l’architecture très fonctionnelle du grand amphithéâtre ; contraste saisissant avec des bibliothèques fort anciennes qui retiennent encore les marques d’une érudition encyclopédique et séculaire. Dans cet ordre d’idées, j’ai vérifié, par l’ampleur des chantiers et travaux entrepris, combien le Collège de France restait engagé dans une recherche vivante et ouverte sur le monde.
Enfin, les discussions avec le professeur Alain Berthoz, m’ont convaincu des mutations qu’il convenait encore d’accomplir si l’on voulait donner à la recherche scientifique de notre pays sa pleine mesure. Même si les entreprises privées commencent à apporter des contributions effectives (notamment l’entreprise L’Oréal avec la chaire d’innovation technologique Liliane Bettencourt), il reste beaucoup à faire pour empêcher la fuite de nos plus brillants sujets et accueillir les chercheurs étrangers afin qu’ils puissent mener leurs travaux dans les meilleures conditions. A l’heure actuelle, les directeurs de laboratoire doivent faire preuve d’imagination, voire de malice, pour desserrer quelque peu l’étau d’une fonction publique peu encline à assouplir ses grilles de rémunération et ses critères de promotion.
J’ai suffisamment évoqué, dans ce blog, l’absolue nécessité d’une recherche et d’une formation compétitives, au sein d’une économie mondialisée, pour ne pas soutenir les initiatives et les efforts des représentants de nos institutions qui entendent porter haut et fort les exigences d’une connaissance humaine qui ne connaît plus de frontières.
Je m’en suis entretenu avec le professeur Berthoz et lui ai fait part des possibilités de soutien que le Groupe Demos pouvait concevoir pour l’aider dans sa tâche.
Cette discussion et cette visite m’ont conforté dans l’idée d’un décloisonnement des disciplines, des institutions et des entreprises. J’ai été heureux de la partager dans le cadre du Collège de France.
Libellés : Collège de France, formation, interdisciplinarité, mondialisation, recherche

