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30 janvier 2008

 

« Au commencement le savoir », Rapport de Jacques ATTALI

« Au commencement le savoir » : c’est par ces trois mots que commence le Rapport Attali présenté au Président de la République pour libérer la croissance de notre pays. Une telle expression peut prendre deux sens différents si l’on considère qu’elle détermine la nature et les orientations de ce Rapport.

D’une part elle signifie que le développement économique et social de toute communauté humaine repose sur l’émergence et l’approfondissement indéfini du savoir.

D’autre part, ces quelques mots se réfèrent à la puissance du savoir sans lequel l’observation, l’analyse et l’interprétation des faits sont impossibles. Condition nécessaire mais non suffisante pour transformer la réalité, le savoir permet de fonder des propositions grâce à la rigueur des méthodes employées et à la richesse des heuristiques présentées. Bref le savoir légitime le Rapport qui, en retour, lui accorde une importance décisive, comme force créatrice de richesse mais aussi de lien social.

Cette contribution se place dans la continuité du sommet de Lisbonne où les Etats Européens s’étaient engagés à mobiliser tous leurs acteurs publics et privés pour installer l’Europe dans l’économie de la connaissance. Des objectifs ambitieux avaient été fixés pour faire monter en compétences et qualifications la population active des Etats et ainsi donner à l’Europe la capacité de produire des biens et services à forte valeur ajoutée afin de rentrer dans le cercle vertueux de la croissance innovante.

Malheureusement la France comme beaucoup d’autres pays n’est pas encore au rendez vous (cf rapport Figel, et test Pisa évoqués dans mes blogs précédents). Jacques Attali dans ses propositions a le courage de remobiliser l’opinion sur ces enjeux en faisant de l’éducation et de la formation sa priorité ; priorité qui, loin d’être un vœu pieux, s’exprime à travers une série d’objectifs très concrets.

- L’affirmation d’une absolue nécessité : la maîtrise des savoirs fondamentaux (écriture, lecture calcul mathématique) avant la fin de la sixième.

- L’obligation, compte tenu de la diversité des problèmes liés à la mondialisation et à l’environnement, d’une forte sensibilisation à l’économie et à l’écologie.

- La pertinence de la création d’un contrat d’évolution rémunéré pour tout demandeur d’emploi qui pourra se former à plein temps pendant sa recherche d’un travail.

- Le caractère impératif de la création de dix pôles universitaires de taille mondiale capable de rivaliser avec les Facultés et les Institutions les plus renommées. Ces pôles financés par le privé à hauteur de 80% libéreraient les universités de leurs contraintes administratives et leur offriraient des moyens de recherche importants, notamment grâce à des partenariats avec le monde des entreprises ; partenariats favorisant de fait l’interactivité fructueuse et productive entre la recherche et les savoirs opérationnels (cf mon premier billet de ce blog).

- Le caractère judicieux d’un doublement des places dans les écoles d’ingénieurs afin de combler rapidement un handicap préjudiciable à notre croissance. La Chine en forme 300 000, l’Inde 450 000 et la France seulement 15 000 par an (cf blog du 19 septembre).

Outre cette série d’exigences et d’objectifs, le Rapport préconise la mise en place d’un très haut débit au domicile, comme au travail et dans les administrations. Cette mesure favoriserait l’accès au savoir, le développement et le partage de la connaissance.

C’est en effet par une plus grande maîtrise des savoirs et par leur mise en œuvre opérationnelle que soufflera un vent d’innovation sur notre pays et ses acteurs (administrations, écoles, universités, entreprises, hôpitaux,…..), source de fierté individuelle et collective.

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15 janvier 2008

 

Culture Générale et Savoir Opérationnel

La culture générale permet à chacun de se situer dans le temps et l’espace et de mettre en perspective les événements de l’existence, tant personnelle que professionnelle. La possession et l’approfondissement permanent d’une culture générale conduisent tout individu à effectuer, dans la plupart des situations, le va-et-vient salvateur entre réflexion et action.

Aussi est-on enclin à considérer que la possession d’une culture générale conditionne fortement le savoir opérationnel ; notamment l’exercice du management au sein des entreprises et des institutions. Plusieurs observations justifient cette intuition ou ce point de vue.

1. Tout acteur doté d’une culture solide inscrit plus aisément les problèmes et les difficultés dans le temps car il est mieux armé pour en appréhender l’origine et en comprendre le développement.

2. L’honnête homme sait mieux que nombre de ses contemporains discerner les rapports de causalité qui génèrent les problèmes complexes. S’il anticipe plus facilement les effets et conséquences des difficultés rencontrées c’est parce qu’il sait tirer les leçons de l’Histoire qu’il a, peu ou prou, visitée.

3. Un individu cultivé profite pleinement de la complémentarité des disciplines humaines. Il développe des analogies, propose des illustrations, qui facilitent la compréhension des phénomènes et des événements. Il transpose d’un domaine à l’autre des méthodes, des hypothèses, des heuristiques.

4. Une personnalité capable de transmettre aux autres confiance et dynamisme se fonde sur la diversité des connaissances et des talents qu’il n’a pas manqué de faire fructifier au cours de son existence. Innovation et créativité résultent souvent d’une expérience profonde des multiples initiatives humaines.

Ces quelques observations, et bien d’autres, montrent le poids de la culture générale pour tout acteur du savoir opérationnel.

Relativiser, situer, expliquer, innover, mobiliser donner du sens et de la vision à ses actes, sont les caractéristiques du travail managérial. C’est pour cette raison que des grands patrons se sont réunis à l’initiative de L’Institut de l’Entreprise pour évoquer l’importance de la culture générale dans le « background » des salariés aujourd’hui. Ils ont voulu promouvoir des actions de sensibilisation, d’éveil, de vulgarisation et de formation.

C’est, entre autre, une des missions de l’Institut Demos. Par ses conférences, ses séminaires, ses visites et ses rencontres, il œuvre à mieux faire comprendre les grands courants de réflexion idéologiques et scientifiques qui impactent nos organisations et notre manière de travailler.

C’est à la fois un apport méthodologique et un enrichissement intellectuel. Il offre à tous ses participants la capacité de mieux comprendre la complexité croissante de leur environnement en leur donnant des repères pour mieux se mouvoir dans un monde instable et changeant. Cette démarche renforce notre culture générale et développe notre ouverture d’esprit. Elle permet de mieux comprendre les autres et, en les respectant davantage, de développer une communication efficace et un travail collaboratif.

Cela paraît indispensable lorsqu’une entreprise travaille dans le monde entier. La culture générale développe notre sensibilité et nous entraine sur le chemin de la créativité. Elle nous entraine au questionnement socratique et au mouvement péripatéticien. Elle encourage notre esprit de curiosité et de découverte. Elle est ainsi source d’innovation.

Quand on mesure toutes ses vertus on comprend mieux pourquoi de grands patrons comme Henri de Castries, Bertrand Collomb, Michel Pébereau, Louis Schweitzer, Denis Kessler et Yazid Sabeg ont consacré du temps pour expliquer l’importance qu’allait prendre la culture générale dans le développement des entreprises aujourd’hui.

C’est une des composantes majeures du savoir opérationnel et il nous appartient de contribuer à la diffuser et à la rendre de plus en plus accessible et intelligible.

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04 janvier 2008

 

Jouer aux "Serious Games " pour former à distance

L’apparition des « Serious Games » dans les processus de formation à distance, confirment, si besoin en était, l’évolution des modalités d’apprentissage opérée par l’usage de plus en plus maîtrisé et circonstancié des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Il s’agit de jeux où l’apprenant se met en situation virtuelle de travail dans un espace à trois dimensions.

Ainsi le jeu médical américain « Pulse » mis au point par la société Breakaway, pour la coquette somme de 8 millions de dollars, reconstitue un hôpital et permet à un infirmier, un médecin ou un chirurgien de pratiquer des actes médicaux dont on pourra directement mesurer les effets sur des patients virtuels.
Le coût, en apparence prohibitif, d’un tel jeu, est à la mesure des espérances qu’il fait naître, tant dans l’amélioration et l’efficacité de la formation médicale que dans les gains de productivité pour l’économie de la santé.
D’une façon plus générale, ce que révèlent les « Serious Games », et l’ensemble des produits-services associés au
e learning (formation à distance), c’est une profonde mutation des formes d’apprentissage. Comment caractériser cette mutation ?

Sans entrer dans les détails on peut évoquer quelques aspects majeurs de l’évolution apportée par les Nouvelles Technologies dans les formes et le déroulement des apprentissages.
1. Le premier facteur de changement réside dans l’apparition des systèmes adaptatifs capables de simuler symboliquement un objet complexe comme un phénomène social, une organisation, etc. La conséquence directe du développement des systèmes adaptatifs revient à faire valoir simulation et approche constructive au sein du processus d’apprentissage.
2. Le deuxième élément d’évolution tient au fait que l’apprentissage va intégrer le sujet-apprenant, ses connaissances antérieures, les activités de traitement de l’information qu’il déploie. A cet égard, on peut parler d’un apprentissage par l’action qui concerne toutes les formes d’acquisition de connaissances attribuables à une dynamique du sujet (investigation, résolution de problèmes…).
3. Les considérations précédentes indiquent que les Nouvelles Technologies conduisent à concevoir et à structurer l’apprentissage comme un processus d’alternance entre des phases descriptives, d’explication, et des phases constructives, de simulation. Cela signifie qu’il devient désormais difficile de concevoir une formation qui ne fasse pas appel à l’initiative et à la créativité du sujet apprenant.

Si l’on se réfère à nouveau aux « Serious Games », on constate que, malgré leur coût, ils se multiplient, notamment en France, et concernent aussi bien des métiers que des activités dans les domaines les plus divers. Ainsi la gestion de stocks ; la communication commerciale ; la réalisation d’entretiens annuels par des managers ; l’usage d’appareils technologiques hautement sophistiqués par les médecins ; l’appréhension des caractéristiques, contraintes et dangers, des plateformes de chantiers pour des intérimaires travaillant dans le BTP ; la manipulation de serveurs virtuels par des informaticiens ; la connaissance et le contrôle du fonctionnement d’un pont roulant pour de futurs pontiers, font l’objet de simulations au sein d’univers professionnels virtuellement recréés.

La France voit fleurir des entreprises conceptrices et réalisatrices de « jeux sérieux » qui, telles Daesign et Audace, travaillent, déjà, pour de grandes entreprises comme BNP Paribas, SFR ou Arcelor. L’approche constructiviste de la formation est en plein essor et cela ne s’arrêtera pas.
Avec son département e-learning Demos a contribué, dans les secteurs de l’énergie, de la finance et de l’informatique, à développer des jeux de simulations qui enrichissent les processus d’apprentissage et accroissent l’efficacité pédagogique. De surcroît, ils renforcent la motivation des stagiaires en raison de leur caractère ludique.

Nous voyons a travers tous ces exemples les immenses possibilités offertes par les Sérious Games dans tous les domaines de l’entreprise. Ils donnent à l’apprentissage un champ de développement nouveau, générateur de productivité et de gains économiques. Enfin ils permettent un entrainement permanent, parce que répétable sans risque à l’infini et en tout lieu, accroissant ainsi la performance de l’acte de formation.

Le savoir opérationnel vient de trouver un des plus beaux instruments de sa diffusion.

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