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19 avril 2007

 

Donner à l’acquisition de savoirs sa dimension économique.

Il y a 7 ans à Lisbonne, l’Union Européenne s’est donnée comme objectif 2010 de « devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable, accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ». Cet objectif ambitieux nécessite un effort considérable en Education et en Formation. Ces domaines d’activités créent des richesses et contribuent à l’harmonie sociale.

Pour financer cet objectif et allouer au mieux les ressources (publiques ou privées, ce qui renvoie à d’autres débats que j’ai eu l’occasion de développer dans ce blog), les économistes ont développé des indicateurs de mesure de résultats et de performances afin d’orienter les politiques des Etats Membres de l’Union.

Dans l’histoire économique d’innovantes architectures sont apparues pour promouvoir et évaluer le « capital humain ». Ce capital apparaît désormais comme le premier facteur de développement des entreprises ; facteur généré et enrichi par l’éducation et la formation.

A côté des diplômes et des tests d’aptitudes qui mesurent connaissances et savoir-faire dans leurs contextes de réalisation, un indicateur global d’appréciation du capital humain a été conçu et formalisé aux Etats-Unis et en Europe. Il comprend quatre dimensions.

  1. Un aspect quantitatif représenté par l’agrégat des dépenses consacrées par la population d’un pays à l’éducation et à la formation de manière formelle ou informelle (le temps consacré à s’auto-former ou à se faire former par sa famille ou son collègue professionnel est valorisé en heures de travail payé au salaire moyen). Un tel agrégat intègre un amortissement différencié selon les savoirs appris (40 ans pour le savoir général et 10 ans pour le savoir spécialisé) ;
  2. Un taux d’utilisation qui correspond au pourcentage de personnes utilisant ce capital pour produire des biens et des services (PIB) par rapport à la population totale ;
  3. Une productivité exprimée par le rapport entre le PIB et le coût du capital humain employé ;
  4. Une vision prospective qui met l’accent sur la variable démographique conçue comme facteur de destruction du capital humain (vieillissement) ou de reconstitution (accroissement des naissances).

Selon cet indicateur, les pays du nord de l’Europe utilisent au mieux leur capital humain ; la France se situe au milieu de l’échelle, l’Italie et l’Allemagne sont en bas à cause du vieillissement de leur population.

Le risque encouru, avec la grande mobilité des populations en Europe, se manifesterait sous la forme d’une migration de main d’œuvre très qualifiée vers les pays les plus performants, cette migration créant un fossé économique entre le sud et le nord et rendant plus délicate encore la cohésion sociale en Europe.

L’exemple des Pays Bas illustre bien le risque évoqué. Ce pays a créé des outils incitatifs pour encourager la formation tout au long de la vie, avec notamment le « Live Course Saving Scheme ». Les individus peuvent déduire de leur revenu le coût des formations qu’ils financent eux-mêmes.
La France pourrait s’inspirer de ce système pour mettre en place un crédit d’impôt formation qui jouerait un effet de levier sur l’accroissement de son capital humain. La constitution d’un capital foncier se fait dans notre pays en partie grâce à des déductions fiscales. Pourquoi ne pas faire de même pour son patrimoine de connaissances ?

Avec cet outil qu’est l’indicateur du capital humain nous donnons à l’acquisition de savoirs sa dimension économique.

Les Coréens dépensent chaque année 11,8 milliard d’euros pour des cours d’anglais, soit 1.9 de leur PIB. Nos dépenses de formation, salaires compris et tous thèmes confondus, ne sont selon la DARES que de 24 milliard d’euros ! On mesure l’écart, mais les coréens consacrent 7.5% de leur PIB à l’éducation et à la formation alors que nous n’en consacrons que 6.5%. Ce sont eux qui arrivent en tête des pays de l’OCDE avec les Etats-Unis, le Danemark et la Suède.

Nous avons encore du chemin à faire.

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02 avril 2007

 

La formation contribue à améliorer la cohésion sociale

Nous avons montré, dans plusieurs de nos interventions précédentes, combien la formation contribuait, d’une part, à la création d’emplois plus qualifiés et facilitait, d’autre part, l’innovation, facteur de compétitivité. Les bénéfices de la formation pour les acteurs et les entreprises sont aisément vérifiables ; ils se matérialisent par l’accroissement des compétences individuelles et collectives, par l’amélioration du fonctionnement des organisations, etc.

La conjugaison de tous ces progrès se traduit, sur un plan macro-économique, par une corrélation, parfaitement observable, entre le niveau de formation et le niveau de développement d’un pays.

L’observation de cette corrélation est néanmoins contestée par certains économistes qui pensent que les impacts positifs de la formation sur notre société restent encore à prouver.

Ainsi messieurs Cahuc et Zylberberg, auteurs d’un rapport sur le dispositif Français de formation professionnelle, estiment qu’il ya peu d’effet de redistribution pour la communauté économique et sociale.

Cependant une autre étude, commandée par la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle, débouche sur des conclusions opposées et montre, par la voix de son rapporteur Hugues Lenoir (enseignant et chercheur), le rôle majeur de la formation dans l’insertion ou la réinsertion des emplois peu qualifiés.

Facteur de motivation, indispensable pour un engagement dans des cycles d’apprentissage longs et/ou certifiants, la formation contribue à améliorer, en profondeur, la cohésion sociale car elle favorise la connaissance et la compréhension des conditions de vie et de travail qui existent dans notre pays.

La volonté de se former se conjugue, la plupart du temps, avec l’esprit de découverte ; signe révélateur d’une indéniable vitalité de la société.

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