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26 mars 2007

 

Le patrimoine du savoir humain

Le patrimoine du savoir humain s’enrichit si fortement tous les jours qu’il double tous les cinq ans. Nous contribuons modestement, mais avec une forte volonté, à cet accroissement tant dans l’appropriation que dans la diffusion des connaissances.

Dans le domaine des sciences, ce patrimoine est alimenté en permanence par plus de cinq millions de chercheurs qui produisent des centaines de milliers d’articles ; objets de réflexions et de débats multiples.

La comptabilisation de cette production est suivie par des banques de données dont la plus connue appartient à Thomson Scientific qui traite cette gigantesque masse d’informations à travers ses Essential Sciences Indicators. Ces indicateurs mesurent la contribution de chaque pays. Le bilan est sans appel : les Etats-Unis produisent autant que les 4 suivants : Angleterre, Allemagne, Japon et France.

Mais la France avec un taux d’impact de 0,94, se situe loin derrière l’Angleterre (1.18) et l’Allemagne (1.10), et se trouve sous la moyenne mondiale (1).

L’un des principaux freins au développement de la recherche demeure la difficulté qu’ont les universités à concevoir et à gérer des partenariats avec les entreprises privées.

Aussi je ne peux que me réjouir de la création d’un centre de recherche commun entre l’Inria (l’Institut national de Recherche en Informatique et Automatique) et Microsoft. La vocation de ce centre, raccordé au réseau thématique qui relie les laboratoires les plus prestigieux de notre pays (CEA, CNRS, Polytechnique, Orsay), sera, notamment, de développer des synergies de recherche nouvelles.

Une telle initiative montre une fois encore que le savoir n’a pas de frontière. En effet son enrichissement, sa diffusion et son acquisition apparaissent comme des processus collaboratifs et globaux.

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14 mars 2007

 

La Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences

La stratégie des entreprises qui conditionne, au sein d’un environnement complexe, leur évolution, et parfois leur survie, nécessite une combinaison d’éléments de prospective. Ainsi les veilles concurrentielles et technologiques, les études de marchés, l’analyse de la courbe de vie des produits, l’évaluation des capacités d’autofinancement, l’organisation future des ressources humaines et matérielles, sont autant d’activités et de démarches qui interviennent dans les stratégies d’entreprises. Parmi ces démarches, la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences apparaît comme une donnée essentielle de la réflexion stratégique dans ses aspects les plus dynamiques.

D’une part, elle apparaît comme une déclinaison majeure des orientations qui touchent à l’évolution des activités de l’entreprise. D’autre part, cette gestion peut se trouver à l’origine d’une stratégie globale d’entreprise, dès lors que l’étude prospective des métiers met au jour des exigences et des contraintes insoupçonnées d’ordre organisationnel et environnemental.

Cependant, malgré l’importance avérée de cette gestion prévisionnelle pour les entreprises, il semble que, dans notre pays, l’anticipation et l’ajustement des besoins en ressources humaines et en compétences, nécessaires à la production de biens ou services, se fasse encore par le marché en juste à temps.

Cet état de fait révèle l’oubli de trois éléments importants pour l’économie d’une société :

- la responsabilité sociale et sociétale des entreprises
- les grandes capacités de développement qu'offre la formation
- la chèreté des ressources due en partie au renversement de la pyramides des ages

La loi Borloo du 18 janvier 2005 oblige les entreprises de plus de 300 salariés à engager des négociations sur les évolutions des emplois et des compétences. Or, seuls de très grands groupes les ont initiées et ont structuré leurs réflexions (par exemple Air France, Thalès ou Alstom).

Ce constat nous conforte dans la nécessité d’aider les entreprises à développer une démarche prospective sur les compétences qui permettront d’exercer les métiers de demain. Pour cela il nous faut évaluer celles d’aujourd’hui (spécifiques ou transverses) et gérer, selon les termes du dernier ouvrage de notre ami Guy Le Boterf, « la navigation professionnelle ». Cette dernière doit inclure les trois composantes qui fondent sa réussite :

- le désir d'apprendre
- l'apprentissage de compétences nouvelles
- la reconnaissance professionnelle

Selon la nécessité évoquée, l’accroissement du professionnalisme des ressources humaines des entreprises apparaît comme la condition indispensable de leur développement et de leur succès : c’est notre fierté de contribuer à cette grande aventure.

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05 mars 2007

 

5 axes majeurs pour relever le défi de la formation continue

Selon le Centre d’Analyse Stratégique, ancien Commissariat au Plan, 1.5 million d’emplois devraient être créés dans les dix années qui viennent. Ces emplois exigeront, pour plus de la moitié d’entre eux, une haute qualification, notamment dans les secteurs de la recherche, de l’informatique et du management de la connaissance. Les autres ne nécessiteront qu’une faible qualification comme, par exemple, les services à la personne.

Cet écart important entre les qualifications professionnelles n’est pas sans conséquences pour le dynamisme de notre économie et l’équilibre social de notre société. En effet, les possibilités pour chaque acteur, d’influer sur son destin économique et social doivent rester entières si l’on ne veut pas maintenir les clivages et entretenir les antagonismes entre les différents membres (individuels et collectifs) de notre société.

De telles possibilités existent si l’on adopte une politique active de formation continue. C’est un chantier qui doit mobiliser tous les acteurs : Universités, Education Nationale, Afpa, organismes consulaires et de branches et, bien évidemment, les organismes privés dont le nôtre. A ce sujet nous pouvons prendre des initiatives mais il appartient à l’Etat, aux Régions et aux partenaires sociaux d’en fixer le cadre et d’en gérer la cohérence.

J’ose espérer que les candidats à l’élection présidentielle s’empareront d’une problématique d’une telle importance.

Dans cette hypothèse, il conviendra de travailler sur cinq axes majeurs pour relever le formidable défi de la formation continue.

  1. Le développement du goût et de la joie d’apprendre.
  2. La construction d’une architecture de l’acquisition et de la validation des compétences : de la VAE aux Diplômes.
  3. La mise au jour d’une cohérence des parcours de formation afin d’éviter les ruptures pédagogiques destructrices.
  4. La mise en place d’une cartographie des métiers et compétences de demain afin de créer des parcours de formation qui associent tous les acteurs pertinents.
  5. L’accroissement de l’utilisation des innovations pédagogiques apparues ces dernières années par la création de dispositifs de formations adaptés aux environnements professionnels et aux individus (tutorat, e-learning, tests et évaluations en lignes…).

Le travail sur ces cinq axes constitue une aventure à la hauteur des ambitions de notre profession. Il contribuera :

- à réduire les inégalités dues au savoir
- à mutualiser les richesses de l’économie de la connaissance en faisant travailler ensemble des acteurs jusque là séparés
- à améliorer la productivité du secteur de la formation

Pour ma part, je suis partant et prêt, avec tous ceux qui le veulent, à m’engager sur des résultats.

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