26 février 2007
Identité virtuelle
Je maintiens mon enthousiasme sur l’économie du savoir et ses possibilités croissantes car les événements et les faits l’entretiennent constamment. Ainsi, en Corée du Sud, le pays à l’internet le plus rapide du monde, j’apprends que 17 millions de citoyens, grâce à l’outil Cyworld, ont créé leurs Avatars, c'est-à-dire de nouvelles identités virtuelles organisées autour d’une petite maison que l’on décore comme on le souhaite avec des photos, des blogs vidéos et des outils d’e learning.
Désormais sur le web chacun peut créer son double virtuel ; tel le professeur Charles Nesson, de la très réputée Harvard Law School, qui a commencé à travers son identité virtuelle son premier cours « immatériel » de dialectique parallèle.
A propos de ces multiples réalisations virtuelles, deux considérations me viennent à l’esprit.
D’une part, la construction de toutes ces identités accroît la demande de savoir en la produisant de façon concomitante. D’autre part, les lieux de production du savoir deviennent infinis et rendent encore plus nécessaire leur organisation.
Je me répète mais je trouve qu’il s’agit d’un magnifique enjeu pour notre travail.
19 février 2007
La faible présence des universités sur le marché de la formation professionnelle
Lors d’une audition menée par une commission d’enquête administrative (créée dans le cadre de la Loi d’Orientation relative aux lois de finances), j’ai mis en avant les deux causes majeures qui, selon moi, expliquent la faible présence des universités sur le marché de la formation professionnelle. Cette commission s’émouvait d’un tel état de fait, aussi ai-je rappelé combien les procédures de compatibilité publique étaient inadéquates par rapport à la réactivité du marché et combien les universités manifestaient un faible tropisme pour la marchandisation du savoir. Ce faisant, je n’ai fait qu’exprimer une préoccupation que je développe périodiquement dans le cadre de ce blog.
En effet, j’ai déjà indiqué, à plusieurs reprises, que le montant des dépenses en Recherche, en Education et Formation conditionne aujourd’hui le niveau de croissance et de développement d’un pays. Or, selon une étude de l’OCDE, l’Europe et la France sont encore loin du compte, loin de l’objectif de Lisbonne qui fixait à 3% du PIB le niveau de la R&D.
Alors que les Etats-Unis approchent les 2.7, avec 313 milliards de dollars, l’Europe stagne entre 2.2 et 2.3, aux alentours de 210 milliards.
Quand la Chine voit ses dépenses, en la matière, doubler ces dix dernières années, la France réduit ses investissements.
Pour combler ces écarts grandissants, il devient urgent, pour notre pays, de trouver des sources de financement autres que celles fournies par le budget. A cet égard, j’ai pu constater, lors d’un récent voyage en Chine, l’effort que fournissaient les universités pour trouver des financements privés, nationaux ou étrangers ; financements destinés à développer leurs travaux, principalement dans le domaine de la formation. Nous activons, d’ailleurs, plusieurs partenariats avec certaines d’entre elles.
Evoquant cette réalité devant mes interlocuteurs de la commission d’enquête, et ne voulant pas ajouter à leur inquiétude, je leur fis entrevoir quelques raisons d’espérer.
L’université de Paris Dauphine a signé plusieurs partenariats avec des entreprises pour créer de nouvelles chaires d’enseignement. Sciences Po Paris, et son médiatique directeur Richard Descoins, ont été les pionniers dans la recherche de nouvelles sources de financement.
Ces initiatives existent mais elles restent peu nombreuses. Pour accélérer le processus je fais une suggestion.
Il faudrait rendre plus solvable le Droit Individuel à la Formation (20 heures par an et par salarié) et individualiser son usage en instituant le « chèque formation ». Ce chèque pourrait être utilisé en fonction des choix de chacun dans le cadre de la réglementation. Ainsi tout salarié d’entreprise pourrait sélectionner sa formation. Dès lors les cursus universitaires diplômant trouveraient une précieuse source de financement.
Cette démarche s’inscrirait parfaitement dans l’esprit de l’accord national interprofessionnel porteur de la création du DIF (ANI 2004) ; accord qui visait à institutionnaliser le concept de professionnalisation en laissant à l’individu la pleine maîtrise de son employabilité.
Libellés : chine, DIF, employabilité, financement, formation, université
07 février 2007
Le chemin de la paix passe par le développement économique
Le nouveau prix Nobel de la Paix, Monsieur Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit, a déclaré que le chemin de la paix passait par le développement économique. Ce propos, émis lors de la cérémonie de remise du prix, a une portée bien plus forte que les réflexions de même nature développées par des économistes, ou des politiques, mus par des intérêts plus prosaïques.
En effet, Monsieur Muhammad Yunus a réussi, au long de sa vie professionnelle, à concilier des objectifs apparemment inconciliables : la recherche de la rentabilité économique et l’aide aux plus démunis. Autrement dit, il a prouvé, et non décrété, combien l’attention portée à la condition des hommes pouvait s’intégrer dans une économie de marché et contribuer à une pacification des rapports sociaux.
Son message a été mis en pratique par des acteurs de l’économie contemporaine, notamment Pierre Omidyar, fondateur d’eBay. A travers sa fondation, il finance, bien évidemment, des prêts pour alimenter le système des microcrédits mais aussi de nombreux projets éducatifs.
Par ailleurs, il soutient des appels à candidatures auprès des entreprises pour trouver, grâce à l’innovation et à la recherche, des solutions scientifiques et technologiques qui leur soient profitables.
Au regard de toutes ces réalisations, le nouveau prix Nobel de la Paix et ses émules constituent, à mes yeux, un bel exemple de promotion du savoir opérationnel dans sa contribution au Bien commun.
02 février 2007
Investir dans l'éducation et la recherche
A plusieurs reprises, dans mes interventions précédentes, j’ai insisté sur l’importance et la nécessité, pour un pays ou pour une entreprise, d’investir dans l’éducation et la recherche, deux domaines générateurs d’emplois et de croissance. Si j’ai fortement mis l’accent sur ce sujet c’est parce que je considère qu’il constitue pour notre avenir un enjeu fondamental.
Comme Thomas Friedmann aime à le rappeler, la terre est devenue plate et s’apparente à un terrain de football où chacun essaie d’attraper le ballon du savoir.
Cette compétition planétaire est fort rude et contribue à faire éclater les cadres traditionnels de la transmission du savoir. Les territoires nationaux, les institutions classiques, ne limitent plus les formes de l’apprentissage et de la recherche et ne recouvrent plus des populations limitées et homogènes.
A cet égard, plusieurs exemples, aussi variés que représentatifs, montrent l’ampleur de la compétition et les mutations profondes qu’elle entraîne.
Ainsi la Chine, par l’intermédiaire d’un fonds d’investissement, prend le contrôle de l’Ecole Supérieure des Métiers de l’Aéronautique afin de former les dizaines de milliers de pilotes et de mécaniciens dont elle a besoin dans les vingt prochaines années.
La société Infosys, numéro deux des services informatiques, crée un centre de formation capable d’accueillir 13500 stagiaires venus du monde entier. Représentant un investissement de 225 millions d’euros et s’étendant sur plus de 135 hectares, ce centre va permettre une transmission et un partage du savoir sur les technologies informatiques les plus avancées.
Aux Etats-Unis IBM investit, chaque année, 100 millions de dollars dans ses relations avec les universités, notamment avec celle de Caroline du Nord où elle participe à l’élaboration et à la production d’un cursus intitulé Gestion des Services. Dans le cadre de cette coopération elle finance des bourses pour attirer des étudiants et favoriser, par la suite, leur embauche.
Quant à la France, elle semble également s’inscrire dans ce mouvement de transformation et d’extension de l’éducation et de la recherche. La première chaire du Collège de France, créée avec des fonds privés, vient de voir le jour. Soutenue par la Fondation Bettancourt Schueller, cette chaire, dédiée à l’innovation technologique, a pour titulaire un entrepreneur de 51 ans, créateur de la société Actelion, leader mondial dans le traitement de l’hypertension.
Si l’on ajoute que l’université de Paris Dauphine vient de signer, pour quatre chaires d’enseignement, des conventions avec les entreprises AGF, AXA, Calyon, EDF et Groupama, on constate qu’une dynamique nouvelle se développe au sein de nos nobles institutions.
Ces sociétés, par ailleurs clientes de notre groupe, ont compris comme leurs concurrents internationaux que la richesse de demain se forgeait dans la formation d’aujourd’hui.
La multiplicité et la diversité des exemples évoqués doit, plus que de long discours, nous faire prendre conscience des mutations positives générées par la transformation de notre sphère terrestre en espace plat et ouvert.
Libellés : chine, croissance, emploi, innovation, recherche, éducation

