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30 novembre 2006

 

La transmission du savoir intergénérationnel

Parmi les enjeux les plus importants et les plus immédiats de l’économie de la connaissance, la transmission du savoir intergénérationnel figure en bonne place.

Il s’agit d’une des préoccupations majeures des DRH aujourd’hui. En effet, les nombreux départs à la retraite (6,6 millions d’actifs partiront dans les 12 prochaines années, soit plus de 500 000 par an ; ils n’étaient que 350 000 lors de la dernière décennie) posent un double problème :

Une récente étude faisant état de ces problèmes, dans la revue Informations Sociales, explique que la conscience de l’importance de la transmission du savoir intergénérationnel ne débouche pas nécessairement sur des pratiques managériales efficientes.

Les résultats demeurent décevants. Pour les seniors la transmission peut être vécue comme un signe de retrait ou de dépossession sans qu’aucun processus de reconnaissance ou de gratification, au sein de l’entreprise, ne vienne tempérer cette impression.

Pour les jeunes professionnels, les savoirs transmis paraissent parfois obsolètes, normatifs et contraignants. Ils n’y trouvent pas la pleine mesure de leurs initiatives, de leurs talents et de leurs soifs d’apprentissage.

De mon point de vue, les solutions à ces difficultés seraient à trouver dans la constitution d’équipes mêlant plusieurs générations de professionnels. Dans ces équipes le travail collaboratif s’installerait avec sa triple vertu de circulation de l’information, d’enrichissement des pratiques et d’appropriation des savoirs. C’est ainsi que le savoir porte en lui-même sa propre opérationnalité !

A cet égard, j’ai récemment signé un partenariat avec l’Université du Commerce Extérieur de Pékin pour former à la connaissance de la culture et de la langue chinoise, dans le cadre d’un financement de la Communauté Européenne, 200 futurs hauts responsables, œuvrant dans tous les secteurs d’activité et appartenant à tous les pays membres. Au travers de la conception de cette action, d’une durée de 9 mois, j’ai pu mesurer combien la formation était un levier fantastique pour la connaissance mutuelle des pays et des hommes et le développement des échanges économiques créateurs de valeur. J’ai pu mesurer combien la transmission des savoirs était un facteur de paix.

23 novembre 2006

 

Innovation, plaisir et connaissance

J’examine, encore et toujours, les manifestations et conséquences de l’économie de la connaissance. Ainsi « l’innovation » est sur toutes les lèvres des économistes et des managers, pourtant une confusion subsiste quant à la signification et la portée de cette notion.
Pendant longtemps, il fut coutumier de dire qu’il n’y avait d’innovation que technologique et on liait les dépenses de la Recherche et du Développement d’un pays (généralement entre 1 et 2% du PIB) à sa capacité d’invention en ce domaine. Or aucune démonstration scientifique ne venait étayer cette logique linéaire entre ressources financières allouées et émergence de techniques nouvelles.

Comme je l’ai déjà évoqué précédemment,
l’innovation majeure de notre époque me semble se trouver au cœur des organisations humaines, dans leur capacité exceptionnelle de déploiement et de partage des connaissances. La création de valeur et la croissance résident dans la diversité et la vitesse des relations professionnelles, soutenues par des technologies, qui se nouent, se dénouent, s’établissent dans les entreprises et leurs environnements. Il s’agit de détecter des talents, de promouvoir des compétences, d’apprécier des performances, d’améliorer des managements, de créer des modes de collaboration, etc. Toutes ces initiatives, toutes ces réalisations, structurent l’entreprise et facilitent son développement. Et l’innovation nait grâce à la capacité que montre l’organisation à diffuser les connaissances et les savoirs ; vecteur de créativité partagée. Dans cette optique le plus grand défi, pour une entreprise, demeure le pouvoir d’apprentissage des nouvelles manières de faire, des nouveaux comportements nés de l’innovation. Ce pouvoir recèle une double composante : ouverture au nouveau savoir et acquisition des compétences induites.

Il est désormais possible aux patients tétraplégiques de se mouvoir en commandant à un fauteuil roulant grâce à une pile introduite dans le cerveau qui génère des impulsions électriques interprétées par un logiciel (système Braingate). A la lumière de cette réussite scientifique, on est en droit d’imaginer un implant qui gérerait l’interface entre le cerveau et des bases de données permettant une accélération de la transmission des savoirs.
Cependant une objection de taille apparaît aussitôt : l’importance du plaisir.
Car il n’est pas d’apprentissage qui vaille sans un plaisir associé : la manifestation d’un esprit de curiosité, l’affirmation d’un goût pour la découverte.
Cette objection, sous forme de constat, rend notre métier plutôt sympathique et humainement passionnant.

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16 novembre 2006

 

L’économie de la connaissance et l’encyclopédie

J’ai déjà fait part, dans mes communications précédentes, de mon enthousiasme sur le développement inouï des connaissances, tant dans ses formes que dans ses contenus.
Le web, et ses capacités extraordinaires de stockage, de classement, de partage du savoir, entretient cet enthousiasme. Le caractère opérationnel de ce savoir, la création de valeur qu’il génère, s’imposent chaque jour à notre observation.
Cependant j’aimerais, sans pour autant tempérer mon optimisme, rappeler que l’importance décisive de la connaissance pour le développement économique ne date pas d’hier. En effet, ce processus moteur a commencé il y a 250 ans avec la publication de l’Encyclopédie, premier dictionnaire du savoir opérationnel. Et les parallèles avec les problématiques de notre Knowledge Management d’aujourd’hui sont frappants.

La célèbre Encyclopédie de Diderot et D’Alembert organisait les connaissances selon les usages que l’homme pouvait en faire et rattachait ces derniers aux facultés mentales et cognitives. Trois grandes facultés émergeaient alors :
- La mémoire ou la capacité de se souvenir des usages et des pratiques
- La raison ou la capacité de relier et de conceptualiser
- L’imaginaire ou la capacité de créer, notamment au travers de l’expression artistique


Cette conception fut, pour l’époque, révolutionnaire. La publication de l’Encyclopédie fit l’objet d’un combat âpre et prolongé. La première des adversités fut celle des jésuites qui virent dans cette démarche novatrice une remise en question de leur ordonnancement des savoirs et de leur méthode pédagogique. Mais l’autorité politique ne demeura pas en reste puisqu’elle s’opposa à tout ce qui dans le « mouvement encyclopédique » put contester le caractère absolu et intangible du pouvoir.
On sait ce qu’il advint de cette lutte entre autorité traditionnelle et philosophie des lumières.
La connaissance s’émancipa de sa tutelle divine et vint nourrir les relations entre les hommes et leur environnement.

Sous l’influence de Diderot et de D’Alembert le savoir transforma, d’une part, l’organisation sociale, ouvrant la voie de la Révolution Française, d’autre part, l’organisation économique qui conduisit à la Révolution industrielle.
La novation de la démarche encyclopédique peut, de ce point de vue, apparaître comme une des premières formes du savoir opérationnel.

Pour clore, provisoirement, cette réflexion, quelques remarques issues de la recherche scientifique la plus contemporaine ; remarques qui font le lien entre l’idée du savoir et celle d’opération.
L’homme est au cœur de l’univers et l’univers au cœur de l’homme. Selon le principe hologrammatique de la Pensée de la Complexité, la partie est dans le tout mais le tout est dans la partie. Cet apparent paradoxe, relevé par l’astrophysique, montre l’interdépendance de tous les éléments de la réalité de l’univers, et ce quelles que soient leurs dimensions.
Si l’on ajoute, comme l’affirment nombre de spécialistes de l’activité cérébrale, que notre cerveau contient 100 milliards de cellules nerveuses échangeant entre elles 1 million de milliards de liaisons ou synapses, on peut, alors, en forçant le trait, considérer le monde comme une gigantesque combinatoire et le savoir comme une opération infiniment renouvelée.

10 novembre 2006

 

Economie de la Connaissance : mutations et apprentissages des entreprises (suite et fin)

Maillage des connaissances et savoir – faire ; évolution continue des capacités cognitives.

L’économie de la connaissance manifeste un fait sans précédent : la terre est devenue un immense réseau dont la prolifération des échanges et communications modifie nos relations aux savoirs théoriques et pratiques. Ce maillage planétaire contribue à favoriser le développement de chacun et à accroître les richesses.
Si l’on considère quelques propriétés fondamentales d’un réseau comme la vitesse, la modularité, la réversibilité des échanges d’information, la capacité à intégrer des domaines d’activité de nature très différente, on ne peut qu’observer une modification topologique de la planète.
Ainsi, pour Thomas Friedman, journaliste du New York Times, le monde est devenu plat, sans frontières, perméable à la circulation permanente et sans cesse croissante des informations. On fabrique en chine, on entrepose à Dubai, on gère le marketing et la communication à San Francisco, on facture en Inde et on développe la recherche produit à Glasgow. Si l’on osait une métaphore de la terre vue comme une plaque industrielle dont les échanges prolifèrent constamment, on pourrait dire que la division du travail, décrite par Adam Smith, est devenue parfaite. Chacun se focalise sur sa propre création de valeur et l’enrichit par la formation, vecteur d’acquisition des produits et services de demain.
L’évolution des hommes s’accélère au travers de l’organisation réticulaire qu’ils ont développée.

Le progrès par la mise en réseau de toutes les potentialités humaines, s’accompagne d’un autre motif d’optimisme sur les capacités cognitives de l’espèce.
Loin de céder à un déterminisme psychique et social, le grand neuropsychiatre Boris Cyrulnik nous indique que le façonnement du cerveau est un phénomène continu et que la formation (au sens de donner forme) y pourvoit largement.
C’est pour l’espèce humaine un souffle d’optimisme et de bonheur car depuis Freud on croyait que tout était déjà joué à l’âge de quatre ans ! Il nous reste maintenant à rendre opérationnelles ces découvertes et à imaginer des formations pour mieux travailler et vivre ensemble.

Une dernière remarque pour les pessimistes et les contempteurs du progrès. La CEE dispose d’un taux d’équipement d’ordinateurs portables supérieur à celui des Etats-Unis ; de surcroît la France est la première du classement. Il y a presque dix ans j’entendais que notre retard en informatique ne serait jamais comblé. Dès lors, la mise en réseau des connaissances, l’intégration des Nouvelles Technologies, au sein de l’Europe, se réaliseraient sous la tutelle d’autres grandes puissances (le Japon, Les Etats-Unis).
Les 72 millions de PC utilisés en Europe, (contre 67 aux EU) apparaissent comme le plus beau démenti donné aux sceptiques qui ne voyaient dans l’économie de la connaissance qu’une chimère.

09 novembre 2006

 

Economie de la Connaissance : mutations et apprentissages des entreprises

L’intérêt porté par DEMOS pour l’économie de la connaissance ne s’est jamais démenti.
A ce propos nous participions, récemment encore, au salon ICC 2006, co-organisé par notre ami Richard Collin.
Cette manifestation portait sur la place de l’innovation et la compétitivité dans l’économie de la connaissance. Il s’agit d’un des défis les plus importants pour les entreprises contemporaines si elles veulent maintenir ou acquérir des avantages concurrentiels dans leurs secteurs d’activités respectifs.

Deux remarques s’imposent à ce sujet :
1. L’économie de la connaissance suppose, pour les entreprises, une véritable gestion qui recouvre des domaines aussi différents que la veille concurrentielle, le partage des savoirs et savoir-faire, la mise en mémoire des projets et des affaires …
2. Les Nouvelles Technologies de l’Information sont les vecteurs de l’économie de la connaissance à condition d’en maitriser l’usage et la portée.

L’innovation et la compétitivité des entreprises contemporaines s’affirmeront de plus en plus par une optimisation de la capitalisation et du partage de la connaissance.
Dans cette dynamique les Nouvelles Technologies de l’Information frayent le chemin de l’économie de la connaissance, ce qui, selon une perspective constructiviste, importe plus que le but à atteindre.
Si l’importance des Nouvelles Technologies apparaît indéniable, leur usage, les enjeux et les mutations qu’elles supposent, relèvent d’une volonté managériale sans laquelle toutes les innovations de l’entreprise restent lettre morte.
Cette volonté n’appartient pas aux seuls dirigeants mais concerne l’ensemble de l’encadrement ; elle manifeste de nouvelles exigences professionnelles qui touchent les comportements et les formes de coopération. Les mutations organisationnelles et relationnelles générées par l’économie de la connaissance sont profondes, elles représentent un véritable défi pour le management des entreprises qui doit faire face à l’inertie culturelle et aux corporatismes divers et variés qui fleurissent dans notre pays.

Il est un défi de la même importance pour nos organismes de formation et de conseil : celui de faciliter l’apprentissage des changements induits par l’économie de la connaissance.
Il s’agit donc d’aider les organisations à piloter ces changements tant sur le plan de la maîtrise des usages que sur la formation des managers à la diffusion de nouvelles pratiques professionnelles.
Ainsi se constitue le triangle magique Formation, Innovation, Compétitivité, source de croissance et créateur de valeur.
Quant aux critères managériaux fondamentaux, susceptibles de faire émerger une économie de la connaissance et de faire évoluer les organisations vers l’innovation et la compétitivité, ils peuvent se formuler de la façon suivante :
• Savoir s’identifier sans se faire approprier ;
• Avoir une vision au sein d’un environnement complexe ;
• Savoir dialoguer pour comprendre ;
• Savoir décider et en assumer les conséquences.

Ces critères font l’objet de séminaires, de conférences, de formations, fort nombreuses, dont la qualité est à la mesure de l’expérience et des investissements développés par les organismes de formation et de conseil.
Néanmoins il me semble qu’il conviendrait d’ajouter à ces thèmes d’apprentissage, un sujet insuffisamment abordé : l’esthétique de l’autorité. En effet le pouvoir et l’autorité ne peuvent souvent s’exercer qu’à travers leurs manifestations extérieures. Celles-ci peuvent revêtir différentes formes comme l’allure, le langage, la tenue, l’élégance, le décor, etc.
Je sais gré au professeur Damien, spécialiste de l’« autorité », d’avoir attiré mon attention sur ce point qui, selon moi, constitue un thème de formation intéressant et important.

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