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08 octobre 2007

 

QPM : un bel exemple d’intelligence collective

Le test QPM, ou Quantic Potential Measurement, désigne un dispositif technique et expérimental développé par des chercheurs français. Son protocole de fonctionnement peut être résumé de la façon suivante.

- On place deux électrodes sur le front du sujet de l’expérience et on l’invite à appuyer ses mains et ses pieds nus sur deux plaques d’acier reliées à un boitier branché sur un ordinateur.
- On fait passer un courant électrique très faible de 1.7 volts à travers le système, pour l’activer, et le corps du sujet.
- Au bout de quelques minutes, l’ordinateur, après avoir enregistré et traité les réactions du sujet, établit votre profil psychologique.
- Enfin, un document imprimé, détaillant les aptitudes sociales, les motivations, et l’état de stress du sujet, est communiqué.

A l’issue de cette expérimentation le sujet découvre son « intelligence émotionnelle », avec ses forces et ses faiblesses.

Cet étonnant dispositif a été conçu par Jean Luc Ayoun médecin acuponcteur, Dominique Zalewqui ingénieur, Hervé Moskovakis physicien et Patrick Visier expert en marketing. Il est utilisé depuis plusieurs mois par des psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, coachs et formateurs. Les résultats sont étonnants, car la plupart de ceux qui l’ont expérimenté sortent troublés par la pertinence du diagnostic. Cela ne constitue nullement une preuve scientifique mais contribue à faciliter le travail des psychologues en supprimant le temps consacré aux tests déclaratifs et en leur permettant de se consacrer, à travers une conversation plus riche, à l’interprétation et aux préconisations.

Trois ans de travail ont été nécessaires pour mettre en place ce dispositif et s’assurer de sa fiabilité auprès de 3000 personnes, selon l’un de ses inventeurs : M. Visier. Il faut le concevoir comme un procédé biophysique à la croisée des neurosciences, de la psychologie et de la médecine énergétique centré sur la « résistivité du corps humain ». Les fonctions comportementales analysées, pour chaque individu, résultent du lien entre 180 points du corps et leur corrélation à des points du cerveau explique le docteurAyoun. Pour les concepteurs il s’agit de mesurer l’activité bioélectrique de l’organisme.

Cependant, la validité scientifique du dispositif, et de son protocole d’expérimentation, est loin d’être acquise pour plusieurs raisons.

Tout d’abord la démarche apparaît empirique car établir des corrélations n’a rien à voir avec la vérification d’hypothèses théoriques.

Ensuite il n’existe aucune théorie scientifique, au sens fort, qui puisse être vérifié par une telle expérimentation tant les hypothèses, au carrefour de nombreuses disciplines, sont variées et multiples.

Enfin aucune falsification des présupposés de la démarche ne semblent envisageables par les concepteurs du dispositif qui valorisent, en premier lieu, leur succès. Or toute expérimentation véritable doit d’abord être conçue pour mettre à l’épreuve les hypothèses d’une théorie.

Malgré ces réserves, cette démarche nous semble doublement intéressante.

D’une part elle illustre parfaitement l’importance de l’interdisciplinarité dans le processus d’innovation. Dans cette découverte, un médecin, un ingénieur, un physicien et un spécialiste en marketing ont mélangé leur savoirs et leurs approches sur les sciences cognitives, bel exemple d’intelligence collective.

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