17 octobre 2007
Former pour Motiver
La motivation des salariés, préoccupation majeure des DRH d’entreprises, est plus difficile à faire émerger pour les bas salaires. Ces derniers sont plus de deux millions et constituent un vrai défi pour ceux qui se consacrent à une véritable valorisation des ressources humaines.
Outre la rémunération, la formation devient un facteur de motivation essentiel pour les acteurs de l’entreprise. Contrairement aux idées reçues elle touche, désormais, les personnels peu qualifiés et peu rémunérés. Quatre motifs, de nature différente, expliquent cette évolution.
- Tout d’abord, la tertiarisation de l’économie crée des emplois car elle implique, dans bien des situations, un travail plus polyvalent ; travail qui conduit les acteurs à s’ouvrir aux autres, à chercher à comprendre leur environnement et à progresser par la formation.
- Ensuite il importe de considérer une mutation sociale et culturelle, à savoir l’élévation du niveau de formation et de qualification de notre jeunesse. Par ailleurs leur ouverture naturelle au monde, grâce aux nouvelles technologies, les prédispose davantage que leurs ainés à continuer à s’informer et à se former.
- L’évolution de la motivation tient aussi aux dispositions législatives qui touchent à la création du droit individuel à la formation : 20 heures par an, cumulables sur 6 années. Certes, ce droit résulte d’âpres négociations et d’engagements forts de la part des employeurs, car ils financent cette mesure, mais, en contrepartie, ce droit rend les individus plus responsables de leur employabilité .De nouvelles négociations vont s’ouvrir entre les partenaires sociaux qui devraient permettre aux salariés de transférer leur capital d’heures non utilisées d’une entreprise à l’autre en cas de mobilité, et leur garantir ainsi une plus grande sécurité quand il changent de statut ou de responsabilité dans le parcours pédagogique qu’ils ont commencé.
- Enfin, la tension actuelle sur le marché du travail oblige les employeurs à développer, en interne, les qualifications et, par voie de conséquence, de rompre avec les habitudes du passé qui consistaient souvent à se séparer des moins qualifiés pour les remplacer par des personnes plus compétentes recherchées à l’extérieur. Dans cette optique, la mise en route de la VAE (validation des acquis par l’expérience) permet aux salariés sans diplôme de prendre conscience, à travers de leurs expériences professionnelles ou sociétales, de leurs compétences et de les faire reconnaître par un diplôme ou une certification. La VAE accroît la motivation pour aborder des parcours de formation qualifiants.
Les vertus de la formation se concrétisent notamment dans les entreprises de services. . Par exemple, dans la restauration collective, où 80% des employés sont faiblement qualifiés et où les marges sont étroites, compte tenu de la forte concurrence, la formation permet de cantonner le turn-over en deçà de 6%.
De nombreux autres exemples témoignent de l’importance des processus de formation et de qualification pour la motivation des salariés.
Catherine Chouard explique, dans les échos du 4 septembre, qu’une personne sans qualification peut avoir une réelle perspective de carrière. Les entreprises comme Elior, Compass Group, développent des dispositifs de formation et des parcours de qualification particulièrement efficaces. De même chez Dysneyland Resort Paris, des formations qualifiantes associées à de la VAE sont offertes à tous les nouveaux entrants. Le parc de loisirs a mis en place un cursus pour former des hôtes d’accueil touristique ouvert sur un diplôme de niveau 5 et déjà suivi par 1700 collaborateurs qui n’avaient, à l’origine, aucune qualification.
Ces exemples de formation, et bien d’autres, pour des personnes, initialement rémunérées au Smic et sans qualification, illustrent bien le changement qui se prépare dans la gestion des ressources humaines et des compétences.
La montée en charge du DIF, l’élévation générale du niveau des jeunes embauchés, et la place prépondérante occupée par les activités de services dans le marché de l’emploi, rendent ce courant inéluctable. Il nous appartient, organismes de formation, de savoir l’accompagner. C’est pourquoi depuis deux ans Demos a développé avec succès des formations pour faire renaître le désir d’apprendre afin d’encourager tous ceux qui avaient encore en mémoire une souffrance, liée à leur échec scolaire, à concevoir et à réaliser un parcours qualifiant, associé le plus souvent à de la VAE et à l’espérance d’un changement de poste ou d’une promotion.
C’est un des enjeux majeurs des entreprises aujourd’hui que de créer les conditions pour faciliter le développement des compétences individuelles de l’ensemble des collaborateurs. Indispensable nécessité pour produire de la compétence collective, source d’innovation et de création de valeur.
Libellés : apprendre, DIF, motivation, VAE
Michel Cohen, consultant associé, cabinet delCadi développement, Labège (31).
En tant qu'accompagnateur du développement des organisations,y compris en off-shoring, j'approuve globalement votre avis relatif à la mutation des systèmes de formation, de la gestion des compétences et l'émergence du DIF. L'entretien et la favorisation de la motivation des individus, collaborateurs d'organisations variées, est au coeur de notre intervention dans le respect de leur culture propre, y compris à notre niveau de modeste stimulateur. L'éclairage apporté par mon expérience des mutations organisationnelles, des SI et des stratégies intégrant l'évolution culturelle Internet me permet de penser que le très haut débit résidentiel (fibre à l'abonné) va permettre à tout un chacun, tous âges confondus, d'établir son propre parcours "coordonné" de formation individualisée.
Chaque contexte personnel à prendre en compte va nous forcer, nous organismes de formation, à adapter la forme et le fond de nos outils et programmes à ces nouvelles manières d'apprendre et de se qualifier pour rester employable et mieux "s'ouvrir au monde". Bien sûr, nous ne savons pas encore très bien à quels "metavers" virtuels nous aurons à nous adapter afin d'exercer nos métiers au profit de nos stagiaires et étudiants. Mais selon moi, il ne tient qu'à nous, individuellement et surtout collectivement, de définir ces nouvelles approches multi-modales plus adaptées en vue de continuer à garantir la qualité de nos prestations.
Si ce sujet vous intéresse, M. WEMAERE, ainsi que M. GIL je pense,je serais ravi de pouvoir vous en entretenir hors blog. Je mène d'ailleurs une étude pour le compte d'une méta-collectivité parisienne déployant de nouvelles formes de réseaux "Fibre à l'abonné" et souhaitant rencontrer de potentiels prestataires de téléservices résidentiels. Selon moi, Demos en ferait naturellement partie. Merci. Cordialement, m.cohen@delcadi.com
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